Sommet sino-africain sans précédent à Pékin

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Afp, 04 Novembre 2006

La Chine a promis samedi de participer au développement de l'Afrique, en doublant son aide financière et en épongeant partiellement la dette, au premier jour du sommet sino-africain de Pékin.
En ouvrant la plus grande réunion diplomatique jamais organisée par la Chine, qui rassemble plus de 40 chefs d'Etat et de gouvernement africains, le président Hu Jintao a annoncé un catalogue de mesures pour une coopération "gagnant-gagnant".
Hu Jintao s'est notamment engagé à multiplier par deux l'aide financière accordée à l'Afrique sur les trois prochaines années et à débloquer une série de prêts à taux préférentiels d'un montant de 3 milliards de dollars.
La Chine, quatrième économie mondiale mais aussi "le plus grand pays en développement" selon M. Hu, a également promis d'annuler la dette des pays les plus pauvres à travers la mise en place de prêts gouvernementaux à taux zéro, d'ouvrir davantage son marché aux pays africains, de faciliter les investissements chinois en Afrique, ou encore de créer des zones de coopération économique et commerciale sur le continent noir.
"La Chine sera toujours le bon ami, le bon partenaire, et le bon frère de l'Afrique", a lancé le président chinois dans son discours de bienvenue au Palais du peuple à Pékin, répondant indirectement à certaines critiques occidentales accusant le régime communiste de participer au réendettement de pays pauvres. "Notre rencontre d'aujourd'hui entrera dans l'Histoire", a-t-il dit, estimant que, "sans paix entre la Chine et l'Afrique, il n'y aura pas de paix dans le monde".
Avant son discours, le numéro un chinois avait déroulé le tapis rouge pour accueillir un par un, pendant plus de trente minutes, les représentants des 48 pays invités avec lesquels il a posé pour les photographes et les caméras de la télévision chinoise qui retransmettaient en direct la cérémonie dans tout le pays. Ce sommet de Pékin, qui s'achèvera dimanche, est la troisième édition du Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FCCA) depuis 2000 et sans aucun doute la plus importante, tant par le nombre de hauts dirigeants présents que par la résonnance médiatique que la Chine lui donne.
Placée sous le thème "Amitié, paix, coopération et développement", la réunion a pour but de renforcer les liens politiques et économiques entre le géant asiatique et le continent noir, formidable pourvoyeur d'énergie.
L'Afrique, ancien champ d'engagement politique maoïste dans les années 60 pour y contrer l'influence soviétique, est devenue une terre de conquêtes économiques pour une Chine assoiffée de pétrole. Le commerce bilatéral devrait dépasser 50 milliards de dollars cette année, multiplié par dix au cours de la décennie écoulée.
L'ouverture de cette grand-messe, qui compte des personnages controversés en Occident comme les présidents du Soudan et du Zimbabwe, Omar el-Béchir et Robert Mugabe, a été précédée la veille d'une conférence ministérielle durant laquelle des projets commeriaux ont été discutés mais dont rien n'a filtré. Vendredi, Omar el-Béchir a publiquement remercié la Chine de lui avoir apporté son soutien en ne votant pas la résolution de l'ONU décidant l'envoi de Casques bleus dans la région du Darfour où 200.000 personnes ont péri depuis début 2003. "La Chine n'a pas d'ambition politique (...) la Chine ne s'ingère pas dans les affaires internationales", s'est félicité M. Béchir. Une opinion partagée et déjà exprimée dans le passé par de nombreux leaders africains.
Pour la première journée du sommet, un banquet et une soirée de gala étaient prévus. Dimanche, plusieurs accords devraient être signés et une déclaration publiée, selon le programme officiel.