Le HCR accuse Khartoum d'être responsable de récentes attaques au Darfour

Ap

Ap, 03 Novembre 2006

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a accusé vendredi le gouvernement soudanais d'être responsable de la mort de 50 civils lors d'attaques des milices "janjawid" contre des villages et un camp de réfugiés du Darfour la semaine dernière.

"Au mieux, les attaques ont démontré l'échec du gouvernement du Soudan à désarmer les milices au Darfour, et, au pire, son utilisation des milices pour viser les populations civiles", indique le HCR dans un rapport remis vendredi.

Selon ce document, rédigé par des responsables onusiens au Soudan, la majorité des victimes des attaques du 29 octobre sont de jeunes garçons et des hommes âgés.

Ces attaques ont visé sept villages et un camp de réfugiés dans l'ouest du Darfour. Elles ont été condamnées jeudi par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, dont le porte-parole Stéphane Dujarric a affirmé que ces violences avaient "causé la mort de dizaines de civils et contraint des milliers à fuir".

Le rapport du HCR affirme qu'il existe "des indications troublantes que des militaires soudanais aient pu prendre part aux attaques, si l'on se base sur la description des assaillants" faite par des résidents des villages attaqués.

Le gouvernement soudanais a toujours nié soutenir les "janjawid", ces milices qui s'en prennent aux populations noirs du Darfour, théâtre d'un conflit qui a fait 200.000 morts et déplacé plus de 2,5 millions de personnes depuis 2003.

Mais des enquêteurs des Nations unies ont déjà découvert que Khartoum armait ces milices, dont plusieurs membres ont affirmé avoir reçu un soutien du gouvernement.