Le Darfour refuse l'aide onusienne

Associated Press

Associated Press, 19 Septembre 2006

Le président soudanais a déclaré que son pays ne permettra pas aux Nations unies de prendre le contrôle des forces de maintien de la paix au Darfour.

Le président soudanais Omar al-Bashir a déclaré mardi 19 septembre que son pays ne permettra pas aux Nations unies de prendre le contrôle des forces de maintien de la paix au Darfour, estimant que les organisations humanitaires exagéraient leur évaluation de la crise pour obtenir plus de financements.
Omar al-Bashir, président du Soudan, a annoncé que l'Union africaine, qui dirigent la mission de maintien de la paix au Darfour, devrait être autorisée à renforcer ses forces, avec notamment de nouveaux soutiens logistiques et de nouveaux conseillers militaires.
Les Nations unies et de nombreuses organisations de droits de l'homme estiment que le conflit au Darfour entre les rebelles et les milices appuyées par le gouvernement a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003.
"L'image que les organisations humanitaires essaient de donner afin de solliciter une aide et une assistance plus importantes a donné un résultat négatif", a commenté Omar al-Bashir lord d'une conférence de presse.

Manque de moyens

La force de l'Union africaine, qui manque de moyens, s'est montrée incapable de mettre fin aux violences.



Les dirigeants de l'Union africaine et le Conseil de sécurité de l'ONU ont demandé que les Nations unies prennent le contrôle de la mission de maintien de la paix.
Le mois dernier, le Conseil de sécurité a adopté une résolution qui placerait les forces de maintien de la paix sous l'autorité de l'ONU, mais nécessite le consentement du Soudan.
Mardi devant les Nations unies, le président américain George W. Bush a répété que la tragédie du Darfour était un génocide selon Washington, et a déclaré que la force africaine n'était "pas assez forte" pour protéger la population au Darfour.
De son côté, le président français Jacques Chirac a lancé devant l'Assemblée générale de l'ONU un appel solennel en faveur de la région soudanaise du Darfour où, a-t-il averti, "un crime contre l'humanité se prépare".