Le Soudan s'oppose toujours à une force de l'Onu au Darfour

Reuters

L'express, 03 Novembre 2006

Le Soudan n'acceptera pas le déploiement d'une force de maintien de la paix des Nations unies au Darfour, a réaffirmé le président soudanais Omar Hassan al Bachir, soulignant qu'une telle présence pourrait faire de son pays un deuxième Irak.

"Pour ce qui est d'une force onusienne de maintien de la paix, nous avons décidé que l'impact du déploiement d'une telle armée dans notre pays serait le même que ce qui est en cours en Irak", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Pékin, où il participe au sommet Chine/Afrique.

L'Onu envisage d'envoyer 22.500 casques bleus au Darfour, dans l'ouest du Soudan, où le conflit en cours depuis début 2003 a fait des dizaines de milliers de morts et forcé 2,5 millions de personnes à quitter leurs foyers.

Mais le Soudan s'y oppose catégoriquement, y voyant une entreprise colonialiste.

"Nous apprécions le soutien que nous a apporté la Chine au Conseil de sécurité, l'insistance sur le fait que le soutien du Soudan doit être recherché avant l'adoption d'une résolution", a poursuivi le président soudanais.

La veille, le président chinois Hu Jintao avait dit comprendre les préoccupations du Soudan concernant le Darfour.

"La question du Darfour est de nouveau à la croisée des chemins", a-t-il dit à Bachir, selon la télévision nationale chinoise. "La Chine comprend totalement les préoccupations du Soudan sur cette question, et espère que le Soudan renforcera le dialogue avec toutes les parties, coordonnera les positions et s'efforcera de parvenir à une solution adéquate".

La Chine a d'importants intérêts commerciaux au Soudan, qui lui vend de grandes quantités de pétrole (plus de 14 millions de barils pour la seule année en cours).

Elle est, entre autres, un important fournisseur d'armes au régime de Khartoum.