Nouvelles violences au Darfour: 13 morts dans une attaque de miliciens

Redaction

Afp, 03 Novembre 2012

Une milice a attaqué un village de la région soudanaise du Darfour, tuant 13 personnes, a annoncé samedi une source locale dans la zone en proie à une escalade des violences.

L'attaque, menée vendredi, a visé le village de Sigili, à environ 30 km au sud-est d'Al-Facher, la capitale de l'Etat du Darfour-Nord, a ajouté cette source qui a refusé d'être identifiée pour des raisons de sécurité, sans préciser si les victimes étaient des civils ou des combattants.

Il s'agit de violences tribales entre une milice locale et les Zaghawa, une des principales tribus du Darfour, a-t-elle ajouté en faisant état de cinq personnes portées disparues.

Dans une brève dépêche, l'agence officielle Suna a indiqué que 10 personnes avaient été tuées et que 10 autres étaient portées disparues après des violences tribales dans le Darfour-Nord.

La mission conjointe de l'Union africaine et des Nations unies au Darfour (Minuad) a condamné l'attaque dans un communiqué, en précisant avoir reçu des informations faisant état de morts, de l'enlèvement d'un civil et d'un déplacement important de population.

La Minuad a envoyé une équipe de vérification dans le secteur mais le convoi a été empêché d'atteindre les lieux par l'armée du gouvernement soudanais, a déploré la porte-parole de la mission, Aicha Elbasri.

Samedi, des centaines de personnes ont participé à une procession funéraire à Al-Facher et ont amené 10 corps à l'entrée du quartier général de la Minuad en réclamant une enquête sur les violences, avant d'être escortées pour aller enterrer les victimes, a-t-elle ajouté.

Je suis consternée par ces morts et très inquiète des incidents répétés qui ont conduit à des morts et des blessés au sein de la population locale, de même qu'au déplacement d'habitants, a affirmé la chef par intérim de la Minuad, Aichatou Mindaoudou.

Le 15 octobre, Mme Mindaoudou avait évoqué une hausse préoccupante des violences dans certaines zones du Darfour, en déplorant un nombre important de victimes civiles.

Dans un rapport trimestriel publié le 16 octobre, le patron de l'ONU Ban Ki-moon avait souligné que ces violences étaient dues en partie à des querelles liées à la terre, mais aussi à des combats sporadiques entre rebelles et forces gouvernementales.

Selon les Etats-Unis, 70 civils sont morts dans l'Etat de Hachaba, dans le Nord-Darfour, entre le 25 et le 27 septembre lors de combats de ce type et de raids aériens.

Les restrictions gouvernementales ont empêché la Minuad d'accéder à la zone fin septembre pour enquêter, selon M. Ban. Et le 17 octobre, un Casque bleu a été tué par un tir de mortier alors qu'il se rendait dans la région de Hachaba.

Au moins 300.000 personnes selon l'ONU --10.000 selon le gouvernement-- ont été tuées depuis le début de la guerre du Darfour en 2003 entre des tribus non-arabes et le régime de Khartoum.

Les violences ont diminué, mais des heurts entre rebelles et gouvernement ou entre tribus se poursuivent, ainsi que des violences liées au banditisme.