Référendum: quorum atteint, le Sud-Soudan en route vers son indépendance

Redaction

Afp, 13 Janvier 2011

Le seuil de participation requis pour la validation du référendum d'autodétermination du Sud-Soudan a été atteint et même dépassé, a confirmé jeudi la commission référendaire, ouvrant la voie à l'indépendance de cette région enclavée au coeur du continent africain.

La nouvelle a été accueillie par des concerts de klaxons à Juba, la capitale du Sud-Soudan.

Selon la loi référendaire, au moins 60% des près de quatre millions d'électeurs inscrits doivent voter pour que le scrutin soit reconnu.

"Nous étions déjà au-dessus du seuil hier (mercredi) --un peu plus de 2,3 millions-- et plus encore aujourd'hui", a affirmé le vice-président de la commission, Chan Reec.

"A la fin du quatrième jour de vote, avec des informations provenant de 86% des centres référendaires, il est confirmé que 2.360.922 personnes ont voté au Sud-Soudan. Cela dépasse le seuil de 60%, (soit) 2.359.553", a-t-il précisé.
Le référendum est prévu par l'accord de paix ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord musulman et en grande partie arabe et le Sud afro-chrétien.

Selon tous les pronostics, il devrait mener à la partition du plus vaste pays d'Afrique.

"Il n'y a pas de doute sur la légitimité de l'élection en ce qui concerne le nombre d'électeurs", a affirmé l'ex-président américain Jimmy Carter, dont la fondation éponyme observe le processus.

"Je pense qu'il respectera les critères internationaux à la fois sur la manière dont le vote s'est déroulé et sur la liberté des électeurs", a-t-il ajouté, disant s'attendre à ce que le décompte soit aussi transparent.

"En toute probabilité, le résultat du référendum sera pour l'indépendance, mais nous ne le saurons pas avant la première semaine de février", a-t-il poursuivi.
Sur la tombe du leader sudiste historique John Garang, mort en 2005 peu après l'accord de paix, de nombreux Sud-Soudanais faisaient part de leur joie.

"C'est très excitant que le vote soit validé. Qu'assez de personnes aient voté me rend heureux", dit Anthony Lamaya, qui a voté dès le premier jour, dimanche.
"Que tant de personnes aient voté aussi vite, c'est la preuve de l'importance de ce référendum pour nous", estime Mary Kwaje. "Nous voulons notre liberté".
Au bureau de vote adjacent, les énormes files d'électeurs observées pendant les quatre premiers jours s'étaient toutefois largement réduites malgré l'appel des autorités à porter le taux de participation à 100%.

M. Carter a en outre appelé Nord et Sud à résoudre rapidement avant juillet, date de fin de la période intérimaire prévue par l'accord de paix, les nombreuses questions en suspens, comme la démarcation de la frontière et le statut de la région d'Abyei.

Il a aussi minimisé les violences autour d'Abyei, région contestée à la frontière Nord-Sud théâtre de combats meurtriers aux premiers jours du scrutin. Lundi, une embuscade meurtrière près d'Abyei a visé des Sud-Soudanais rentrant du Nord pour voter.

"Quelques personnes traversant Abyei ont été physiquement agressées. C'est en fait une proportion minuscule", a fait valoir M. Carter, notant que 160.000 personnes étaient rentrées dans le Sud.

"Selon les informations dont je dispose, les forces du Nord et du Sud ont fait très attention à ne pas se mêler aux confrontations violentes à Abyei", a-t-il ajouté. "Ce serait très préjudiciable pour le gouvernement du (président Omar el-Béchir) s'il était accusé de précipiter la violence".

Des chefs des tribus rivales Dinka et Misseriya devaient de nouveau se réunir jeudi à Kadugli (Etat du Sud-Kordofan) pour tenter de régler leurs différends sur Abyei.