Darfour: le Soudan confirme un plan de désarmement des milices

Afp

Afp, 30 Octobre 2006

Le président soudanais Omar al-Béchir a confirmé lundi un plan pour désarmer dans deux mois les miliciens du Darfour, dont les djandjawid pro-gouvernementaux accusés de violences et d'exactions contre les populations de cette région de l'ouest du pays.

"Nous avons mis en place un plan visant à désarmer les milices du Darfour dans les deux mois, en coopération avec l'Union africaine (UA)", a déclaré M

Béchir dans un discours télévisé, marquant l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire.

M. Béchir n'a pas précisé comment les djandjawid seraient désarmés.

Khartoum avait annoncé ce plan il y a deux semaines aux médias soudanais.

La question du désarmement des djandjawid est essentielle pour rétablir le calme au Darfour, où selon l'Onu 200.000 personnes ont péri et quelque 2,5 millions ont été déplacées depuis le début du conflit en février 2003.

Le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Front de l'Est ont signé à la mi-octobre un accord de paix, négocié avec l'aide de l'Eryhtrée et censé mettre fin à un conflit armé de douze ans.

Dans son discours, M. Béchir a rendu hommage à l'Union africaine, notant que l'accord de paix signé à Asmara en octobre montrait que le Soudan n'avait pas besoin d'aide occidentale pour régler ce conflit.

"L'accord d'Asmara a démontré que les Soudanais pouvaient résoudre seuls leurs différends", a-t-il déclaré.

Khartoum refuse le déploiement de casques bleus dans cette région en dépit de la résolution 1706 du 31 août du Conseil de sécurité qui prévoit l'envoi d'une force d'environ 17.000 d'entre eux et de 3.000 policiers pour prendre la relève de la Mission de l'Union africaine (Amis) au Darfour.

L'émissaire de l'ONU, Jan Pronk, avait été expulsé il y a une semaine du Soudan pour avoir évoqué des "défaites" de l'armée face aux rebelles du Darfour.

Cette décision, sans précédent dans les relations entre Khartoum et l'ONU, a été critiquée tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du pays, soumis à une forte pression internationale pour accepter des casques bleus au Darfour.