Pékin aurait tenté d'enterrer un rapport de l'Onu sur le Darfour

Louis Charbonneau, Jean-philippe Lefief Pour Le Service Français

Reuters, 15 Novembre 2010


La Chine a tenté d'obtenir la suppression d'un rapport de l'Onu selon lequel des munitions fabriquées sur son territoire ont été utilisées dans des attaques de casques bleus au Darfour, a-t-on appris mardi de source diplomatique.

Le comité des sanctions du Conseil de sécurité, qui veille au respect de l'embargo sur les armes en vigueur depuis 2005 dans cette région de l'ouest du Soudan, doit débattre mercredi de ce rapport et des recommandations d'un panel d'experts.

Selon des diplomates proches du dossier siégeant au Conseil de sécurité, les auteurs du document y signalent la découverte de douilles d'une douzaine de marques chinoises sur des sites ou les troupes de l'Onu et de l'Union africaine ont été attaquées. Deux autres variétés proviennent d'Israël.

"Il n'y a aucune preuve que les balles aient été directement envoyées par la Chine et que le gouvernement savait qu'elles seraient utilisées au Darfour ni que la Chine ait vendu les munitions au Soudan", a déclaré l'un de ces diplomates, interrogé par Reuters.

"Vendre délibérément des munitions au Soudan pour un usage au Darfour constituerait une violation des sanctions. Nous ignorons si la Chine l'a fait, mais sa tentative de faire supprimer le rapport est suspecte", a-t-il estimé.

Le document, ajoute-t-on de sources diplomatiques, devrait finir par être publié, que Pékin parvienne ou non à en empêcher la diffusion par les canaux officiels.