Sud-Soudan: l'opposition critique les résultats, accuse le SPLM de tricher

Redaction

Afp, 27 Avril 2010


KHARTOUM - Le rival de Salva Kiir à la présidentielle du Sud-Soudan et des petits partis d'opposition sudistes ont refusé mardi les résultats des premières élections multipartites sud-soudanaises estimant que les ex-rebelles avaient truqué le scrutin.

"Les élections ont été truquées et le pourcentage des votes obtenu par le président du Sud-Soudan en est le reflet", a déclaré Lam Akol, chef d'une faction dissidente du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles), baptisée SPLM-Changement Démocratique (SPLM-DC).

Le président sortant de la région semi-autonome du Sud-Soudan Salva Kiir a été reconduit au pouvoir lundi avec 92,99% des voix devançant de loin son seul rival Lam Akol (7,01%), ancien membre du SPLM et ex-chef de la diplomatie soudanaise (2005-2007).

Le SPLM a raflé neuf des dix postes de gouverneurs au Sud-Soudan, l'Etat d'Equateur-oriental ayant opté pour un candidat indépendant, et a mis la main sur la quasi-totalité des sièges de l'Assemblée législative du Sud-Soudan, selon les résultats partiels.

"Nous refusons ces résultats complètement", a souligné lors d'une conférence de presse conjointe à Khartoum avec Lam Akol, Bona Malwal, chef du Forum démocratique, un petit parti d'opposition sudiste.

Seuls les électeurs enregistrés au Sud-Soudan ont pu voter à la présidentielle sud-soudanaise, de même qu'à l'élection du parlement sudiste des gouverneurs et des assemblées locales. Lam Akol, qui vit à Khartoum, n'a donc pu voter pour lui-même lors de ces élections.

Quelque dix millions de Soudanais, incluant environ 2,8 millions de sudistes, ont voté du 11 au 15 avril lors des premières élections multipartites depuis 1986. Il s'agissait aussi des premières élections pour la présidentielle et l'Assemblée législative sud-soudanaise, des institutions nées de l'accord de paix de 2005 entre le Nord et le Sud-Soudan.

Cet accord prévoit aussi la tenue en janvier prochain d'un référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan. "Je pense que la tricherie (aux élections) aura un impact négatif sur le référendum. Si les gens restent silencieux quant à cette tricherie, le référendum lui-même sera truqué", a prévenu M. Akol.

Les observateurs européens et américains ont affirmé que les élections ne répondaient pas aux "normes internationales" et ont montré du doigt les autorités sudistes pour la "faiblesse" de leur organisation. Ils ont dit espérer que les problèmes rencontrés - difficultés logistiques, intimidation des électeurs notamment - ne se reproduisent pas au référendum.