Darfour: un groupe rebelle menace de reprendre les armes

Redaction

Afp, 30 Mars 2010

Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un groupe rebelle du Darfour engagé à Doha dans des pourparlers de paix avec le gouvernement soudanais, a menacé lundi de reprendre les armes en cas d'échec des négociations.

"Nous négocions encore et si le gouvernement veut sérieusement parvenir à la paix, nous sommes prêts. Mais si nous ne parvenons pas à la paix, notre position est connue et notre but est de changer le régime" du président Omar el-Béchir, a déclaré le dirigeant du JEM, Khalil Ibrahim.

"Soit c'est une paix juste et globale, soit nous poursuivons notre projet de changement de régime", a-t-il ajouté devant la presse à Doha.

Le JEM avait signé en février à Doha un cessez-le-feu doublé d'un accord politique devant déboucher sur une paix durable avec les autorités soudanaises avant le 15 mars.

Cet accord "a été violé plusieurs fois", a dit M. Ibrahim, assurant que le pouvoir central "prépare des renforts militaires et se tient prêt à la guerre, pas à la paix".

Dimanche, le chef de la délégation soudanaise à Doha, Amin Hassan Omar, avait affirmé que le JEM n'était "pas sérieux" dans les pourparlers, précisant que Khartoum s'était toutefois engagé "à obtenir un accord d'ici le 5 avril".

Il avait fait état de violations du cessez-le-feu par la rébellion et de prisonniers qui n'ont pas été libérés malgré les promesses des rebelles.

Selon des sources tchadiennes proches des négociations, le JEM aurait abandonné sa revendication de gouverner le Darfour, la région du Kordofan (centre) et Khartoum en échange du report des élections nationales - législatives, régionales et présidentielle - prévues du 11 au 13 avril.

Khalil Ibrahim a nié lundi avoir demandé un report de cinq ans des scrutins, insistant avoir réclamé un délai "jusqu'à ce que les gens soient prêts".

"Les élections vont freiner la paix et le retour des personnes déplacées", a-t-il expliqué.

Le Darfour est en proie depuis 2003 à un conflit opposant des mouvements armés à l'armée appuyée par des milices locales. La guerre a causé 300.000 morts selon l'ONU, 10.000 d'après Khartoum, et 2,7 millions de déplacés.