Médiation libyenne dans la crise entre le Soudan et le Tchad

Afp

Le Monde, 31 Octobre 2006

Un émissaire libyen a préconisé mardi à Khartoum une rencontre soudano-tchadienne de haut niveau pour contenir la tension entre les deux pays, après la soudaine détérioration de leurs relations sur fond de reprise des attaques rebelles au Tchad.

"Il est nécessaire que les deux parties tiennent une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères et de ceux en charge de la sécurité pour mettre fin à la tension", a déclaré le chargé du dossier africain du régime libyen, Abdel Salam Triki, après un entretien avec le président soudanais Omar el-Béchir.

M. Triki, cité par l'agence soudanaise Suna, a dit espérer "un retour à la normale" entre les deux pays, auxquels il a aussi conseillé de régler leur différend au sein des commissions mixtes mises en place lors de la normalisation de leurs relations.

Selon Suna, l'émissaire libyen a rencontré avant de venir à Khartoum le président tchadien Idriss Deby lundi soir à N'djamena.

Le Soudan et le Tchad s'étaient réconciliés en août, notamment grâce à la Libye. Mais samedi, N'Djamena a affirmé que Khartoum avait bombardé la veille quatre localités tchadiennes situées le long de leur frontière commune et l'a menacé de représailles. Le Soudan a catégoriquement démenti.

Ces accusations ont été lancées sur fond de combats entre l'armée tchadienne et les rebelles de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) que N'djamena soupçonne d'être soutenus par le Soudan.

Par ailleurs, l'agence Suna a indiqué que le président Béchir avait évoqué avec M. Triki la situation au Darfour, région occidentale du Soudan en proie à la guerre civile, sans plus de précisions.

Le Soudan refuse l'envoi d'une force de l'ONU dans cette région où la guerre et ses conséquences ont fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003, en dépit de la résolution 1706 du Conseil de sécurité.

Suna a en outre rapporté depuis Tripoli que 707 Soudanais emprisonnés en Libye avaient été récemment libérés.

Ces Soudanais, dont certains ont purgé une partie de leur peine de prison pour différents crimes et délits, font partie de nombreux Africains amnistiés par les autorités libyennes à l'occasion de la célébration de l'anniversaire de l'arrivée au pouvoir du colonel Mouammar Kadhafi le 1er septembre dernier, selon l'agence soudanaise.