Darfour/CPI - Ceux qui nient les crimes, passibles de poursuites

Louis Charbonneau, Version Française Marc Delteil

Reuters, 04 Décembre 2009


Les responsables soudanais qui nient les crimes de guerre commis au Darfour, ou trompent le monde sur leur existence, sont susceptibles de poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré vendredi son procureur en chef Luis Moreno-Ocampo.
S'adressant au Conseil de sécurité de l'Onu, Moreno-Ocampo a assuré que le président soudanais Omar Hassan al Bachir, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour de tels crimes de guerre dans la province occidentale "utilisait l'appareil étatique non seulement pour commettre des meurtres de masse mais aussi pour les dissimuler".

Il a affirmé que ces crimes se poursuivaient, contrairement aux dénégations des autorités civiles et militaires du Soudan, qui refusent de coopérer avec la juridiction internationale, dont elles ne reconnaissent pas la compétence.
"Mon bureau examine la responsabilité criminelle de dirigeants soudanais qui nient et dissimulent activement ces crimes", a dit le procureur, estimant qu'ils ne sauraient se prévaloir d'une quelconque immunité judiciaire.
Depuis le procès des responsables nazis à Nuremberg, "l'obéissance aux ordres n'est plus une excuse pénale pour la commission des crimes", a-t-il souligné.
Le représentant du Soudan au Conseil de sécurité, Abdalmahmoud Abdalhalim, a estimé que les propos de Moreno-Ocampo trahissaient "sa faillite". "Nous le mettrons en accusation pour prostitution politique", a-t-il ajouté.

Le procureur a déclaré que la CPI prenait des dispositions pour protéger ses témoins car "certains individus soupçonnés à tort d'avoir fourni des témoignages à la CPI ont été arrêtés et torturés à Khartoum".