Centrafrique : deux humanitaires français enlevés dans le nord-est

Redaction

Afp, 24 Novembre 2009

LIBREVILLE — Deux travailleurs humanitaires français de l'ONG Triangle ont été enlevés dimanche soir à Birao dans le nord-est de la Centrafrique par une vingtaine d'hommes armés, a affirmé lundi le vice-consul de Centrafrique au Darfour et ex-président du comité des sages de Birao.

"Ils ont enlevé deux hommes, deux Français de Triangle, hier (dimanche) vers 22H00 (21H00 GMT). Ils étaient une vingtaine environ et parlaient arabe. Ils ont fui vers le Soudan", a affirmé Mahamat Salah Amadou Birao, joint par l'AFP par téléphone depuis Libreville.

"Ils ont aussi essayé d'enlever une sage-femme (de l'ONG) CAM (Comité d'aide médicale) mais Dieu a été avec elle et ils ont renoncé. Ils ont aussi pris trois voitures et une moto aux ONG", a ajouté M. Salah Amadou Birao

Ville située près des trois frontières centrafricaine, tchadienne et soudanaise, Birao fait partie de la zone entrant dans les attributions de la Mission des Nations unies en Centrafrique et au Tchad (Minurcat).

Deux employés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont été enlevés dans des conditions similaires, le 9 novembre au Tchad et le 22 octobre dans la région du Darfour, au Soudan. De source proche des militaires tchadiens, les ravisseurs auraient là aussi trouvé refuge au Soudan. Une rançon a été réclamée.

Au Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile, les enlèvements de personnels humanitaires sont devenus fréquents: outre l'enlèvement du 22 octobre, deux femmes de l'organisation non gouvernementale irlandaise Goal ont été enlevées en juillet à 100 km au nord-ouest d'El-Facher, la capitale du Darfour-nord, avant d'être libérées en octobre.

Plusieurs autres rapts de personnels expatriés ou locaux ont eu lieu cette année, notamment celui d'une Française et d'une Canadienne de l'ONG Aide médicale internationale (AMI) lors duquel deux employés soudanais ont été tués.

L'est du Tchad, le Darfour et le nord de la Centrafrique sont en proie aux bandits et "coupeurs de route" et les ONG ont souvent dénoncé leurs conditions précaires de sécurité.

Six organisations non gouvernementales ont quitté temporairement l'est du Tchad privant 37.000 personnes d'assistance après l'enlèvement du 9 novembre.

L'ONG Triangle n'a pas souhaité communiquer sur la prise d'otages. L'ONG dont le nom fait référence aux "trois volets de l'action humanitaire: l'urgence, la réhabilitation et le développement", est présente en République centrafricaine depuis 2007. Onze expatriés et 80 personnes centrafricains travaillaient sur le projet.