Darfour: la CPI émet deux mandats d'arrêt

Redaction

L'express, 02 Mai 2007

La juridiction internationale a lancé deux mandats d'arrêt contre l'ancien ministre de l'Intérieur et un chef de milice soudanais. Ils sont accusés de meurtres, viols et tortures, ainsi que du déplacement forcé de villages et d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour

Les juges de la Cour pénale internationale ont émis leurs premiers mandats d'arrêt pour des suspects accusés de crimes de guerre au Darfour, région de l'ouest du Soudan, annonce la CPI.

Des mandats ont été émis qui visent Ahmed Haroun, ancien ministre de l'Intérieur, et le chef de milice Ali Mouhammad Ali Abd-al-Rahman, également connu sous le nom d'Ali Kouchaïb.

Dans un communiqué, la CPI explique que le procureur Luis Moreno-Ocampo a "des raisons de penser" que les deux hommes se sont rendus coupables de meurtres, viols et tortures, ainsi que du déplacement forcé de villages et d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

"Les juges ont émis des mandats d'arrêt. (...) Le gouvernement du Soudan a l'obligation légale d'arrêter Ahmed Haroun et Ali Kouchaïb", a déclaré le procureur. "C'est la décision de la Cour pénale internationale, et le gouvernement doit la respecter."

"Nous ne reconnaissons pas la Cour pénale internationale"
En février, les procureurs de la CPI ont présenté ces hommes comme les premiers suspects identifiés dans leur enquête sur ce conflit, dans lequel 200 000 personnes ont été tuées depuis qu'il a débuté, en 2003, après le déclenchement d'une insurrection.

Le Soudan a répondu à cette rébellion en armant des milices accusées des pires atrocités commises dans ce conflit. Khartoum dément pour sa part avoir armé les miliciens janjawids, qu'il qualifie de hors-la-loi.

Le Soudan a fait savoir mercredi par la voix de son ministre de la Justice, Mohamed Ali Al-Mardi, qu'il ne remettrait pas les suspects à la CPI.

"Nous ne reconnaissons pas la Cour pénale internationale (...) et nous ne livrerons pas de Soudanais, même issus de groupes rebelles ayant pris les armes contre le gouvernement", a-t-il déclaré. "Notre position est claire et aucun élément nouveau ne justifie que nous la modifiions."