Le Soudan prudent sur les propositions de l'UA sur le Darfour

Redaction

L'express, 30 Octobre 2009

Le vice-président soudanais accueille avec prudence les propositions formulées par les dirigeants africains réunis au Nigeria dans l'espoir de sortir de l'impasse au Darfour.

Les quinze membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine ont examiné jeudi un rapport rédigé par un groupe de "sages" sous la conduite de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki.

Ce texte recommande la mise en place d'un tribunal spécial avec des juges étrangers pour juger les personnes accusées d'atrocités au Darfour où, selon l'Onu, les combats ont fait des centaines de milliers de victimes.

"Nous adhérons à l'analyse approfondie contenue dans le rapport en ce qui concerne l'organisation d'élections sur l'ensemble du Soudan, en particulier au Darfour", a déclaré le vice-président soudanais, Ali Osman Mohamed Taha, qui représente Khartoum à la réunion.

"Parmi les recommandations qui nécessitent un dialogue prolongé figure la mise en place d'un mécanisme judiciaire. Il faut voir en détail si cela est compatible avec la constitution."

De tels tribunaux hybrides, a-t-il souligné, risquent de "créer un précédent" pour d'autres crises sur le continent africain.

Thabo Mbeki a affirmé que les dispositions mentionnées dans le document avaient reçu l'aval de l'Union africaine, et qu'il appartenait désormais au Soudan de les mettre en oeuvre.

Le chef de la mission de maintien de la paix de l'Onu au Darfour, Alain Le Roy, a indiqué que certaines recommandations devaient être appliquées immédiatement, mais que d'autres auraient besoin de plus de temps pour se concrétiser.

"Nous avons bon espoir que plusieurs des propositions formulées par ce rapport relanceront les efforts du médiateur conjoint (de l'Onu et de l'UA Djibril Bassolé) et de son équipe", a déclaré Le Roy lors de la réunion, à laquelle participaient les président nigérian et kényan, Umaru Yar'Adua et Mwai Kibaki.

Ce dernier a souligné qu'il était vital que l'accord de paix signé en 2005 pour le Sud-Soudan après vingt ans de guerre civile soit pleinement appliqué pour espérer à terme un texte global pour l'ensemble du pays.

La guerre civile entre le nord et le sud du Soudan a coûté la vie à deux millions de personnes et en a contraint le double à quitter leurs foyers. Les tensions restent vives à l'approche des élections nationales de 2010 et du référendum sur l'indépendance du sud prévu en 2011.

"Même si nous saluons comme il se doit les progrès réalisés par les deux parties, nous devons également insister sur les défis qui restent à relever", a déclaré Kibaki.

"Cela inclut la question de savoir comment le Darfour peut, et devrait, participer aux élections nationales, ainsi que celle du risque de boycott du scrutin de la part de l'opposition."

Certains commentateurs soudanais ont exhorté le gouvernement à accepter le rapport.

Le parti Umma d'opposition a estimé que la commission avait trouvé un bon compromis entre la justice nationale et internationale