Darfour: Bush engage Obama à maintenir la pression sur el-Béchir

Redaction

Afp, 11 Décembre 2008


Le président américain sortant George W. Bush a engagé mercredi son successeur Barack Obama à maintenir la pression sur le gouvernement soudanais pour résoudre la crise au Darfour.

"Les Etats-Unis doivent continuer à rallier la communauté internationale pour faire pression sur le gouvernement", a dit M. Bush qui recevait dans le Bureau ovale de la Maison Blanche une militante de la cause du Darfour, Halima Bashir.

"Il est très important que le président (soudanais Omar el-)Béchir sache qu'il ne peut pas échapper aux comptes qu'il doit rendre", a dit M. Bush au moment où M. Béchir est sous la menace d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Le Darfour, province occidentale du Soudan, est en proie à la guerre civile entre l'armée soudanaise et les milices janjawids d'un côté et des groupes rebelles de l'autre, et à une grave crise humanitaire. L'ONU estime que près de 300.000 personnes sont mortes depuis 2003 et que 2,7 millions d'autres ont fui la région.

Le gouvernement soudanais conteste ces chiffres.

Le Darfour est l'une des grandes causes de la présidence de M. Bush, qui affirme que les populations civiles sont victimes d'un "génocide".

Halima Bashir est l'auteure, avec un journaliste de la BBC, du livre "Tears of the Desert: A Memoir of Survival in Darfur" (Les Larmes du désert: mémoires de la survie au Darfour). Elle y raconte son expérience de fille de gardien de troupeau devenue doctoresse dans son village, et les horreurs de la guerre qui le frappent. Elle a reçu l'asile au Royaume-Uni.

"L'urgence de la situation n'est jamais plus évidente qu'après avoir eu l'honneur de rencontrer une âme aussi courageuse", a dit M. Bush.

"Je lui ai assuré que, malgré les difficultés économiques (rencontrées par les Etats-Unis), notre aide continuerait à arriver", a-t-il dit.

"J'ai aussi dit clairement que je suis frustré du rythme où vont les choses", a-t-il dit en parlant des activités de l'ONU et du déploiement d'une force de maintien de la paix plus robuste.

Censée devenir la plus importante mission de paix onusienne au monde, la Minuad ne comptait sur le terrain fin novembre que 12.163 hommes, au lieu des 26.000 prévus.

"L'action des Nations unies est trop lente", a dit M. Bush.

Halima Bashir, couverte des pieds à la tête d'un vêtement rouge, blanc et noir, a dit apporter à M. Bush le message qu'il fallait "en faire plus au Darfour (...) et faire cesser le génocide".

"Il nous faut une action véritable", a-t-elle dit.

Selon la Maison Blanche, Halima Bashir s'est entièrement couverte à l'arrivée des journalistes dans le Bureau ovale pour dissimuler son image et ne pas s'exposer à d'éventuelles représailles.