Darfour: plus de 280.000 déplacés en 2007, selon Amnesty

Redaction

Afp, 27 Mai 2008

Plus de 280.000 personnes ont été déplacées en 2007 au Darfour, une région de l'ouest du Soudan ravagée par une guerre civile depuis 2003 et où les droits humains sont bafoués par toutes les parties du conflit, affirme Amnesty International dans son rapport annuel publié mercredi.

"En raison des attaques, spécialement celles du gouvernement et des groupes paramilitaires, environ 280.000 personnes ont été déplacées, portant le nombre total des déplacés au Darfour à 2.387.000", écrit l'organisation de défense des droits de l'homme.

Selon Amnesty, 30 groupes armés étaient actifs au Darfour à la fin 2007. Au début du conflit, deux groupes rebelles avaient pris les armes pour protester contre la marginalisation économique et politique de ce territoire.

"Toutes les parties majeures du conflit ont violé les lois internationales sur les droits de l'homme, notamment par les meurtres illégaux, la détention arbitraire, l'attaque de personnels humanitaires, la torture et les mauvais traitements ainsi que la prise d'otages", indique Amnesty, dénonçant l'immobilisme de la communauté internationale.

"L'indignation internationale et la large mobilisation du public ont gravé le nom du Darfour dans les consciences mais ont apporté peu de changements dans les souffrances de son peuple", affirme l'organisation basée à Londres.

Seuls 9.000 des 26.000 hommes de la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Minuad), chargée de la paix, y sont actuellement déployés, en raison des difficultés d'ordre logistique et politique.

Le conflit a fait plus de deux millions de déplacés, selon l'ONU. En avril, le chargé des affaires humanitaires à l'ONU, John Holmes, avait estimé que les effets combinés du conflit pouvaient avoir fait jusqu'à 300.000 morts. Khartoum conteste ce bilan et parle de 10.000 victimes.

Concernant la situation au Soudan en général, Amnesty dénonce les restrictions sur la liberté d'expression et la détention de journalistes comme prisonniers de conscience. Selon elle, au moins 23 personnes ont été condamnées à mort en 2007 et 7 pendues.

Nagib Nagam Eldin Hassan, qui dirige la seule organisation de lutte contre la torture au Soudan, a indiqué à l'AFP que le nombre des violations avait augmenté, spécialement contre les Darfouris, après une attaque rebelle en mai sur Omdurman, la ville-jumelle de Khartoum. Jusqu'à 2.000 personnes ont pu être détenues à un moment ou à un autre après l'offensive, repoussée par les forces gouvernementales, selon lui.

Le dirigeant du Centre Amel pour le traitement et la réhabilitation, victime lui-même de la torture, a indiqué que lui et ses collaborateurs avaient été dans le passé menacés de mort par les services de sécurité en raison de leur activité.