Al Béchir : ''Oui à l'UA, non à l'Onu''

Afrique Centrale Info

Afrique Centrale Info, 25 Octobre 2006

Le Soudan n'a "pas d'objections" à ce que la force de l'Union africaine au Darfour dispose de moyens humains supplémentaires avec un mandat renforcé, mais n'acceptera pas de troupes de l'ONU, a affirmé le président soudanais Omar al-Béchir, mercredi dans une interview au Guardian.

Le Soudan "n'a pas d'objections à ce que l'Union africaine (UA) augmente le nombre de ses troupes, renforce son mandat, ou reçoive un soutien logistique de l'Union Européenne (UE), de l'ONU ou de la Ligue arabe, mais bien entendu cela doit être fait en consultation avec le gouvernement d'unité nationale", a dit M. al-Béchir.

Mais il s'est fait plus menaçant sur la perspective de l'envoi de troupes onusiennes au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile. "De telles troupes (pourraient) devenir la cible d'attaques et partie prenante du conflit, non une solution", a-t-il prévenu.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé fin août l'envoi d'une force d'environ 17.000 soldats et 3.000 policiers pour prendre au Darfour la relève de la Mission de la force africaine (Amis), mal équipée et sous-financée.

Mais le président soudanais s'y oppose, arguant que l'accord de paix au Darfour signé en mai avec un seul des trois groupes rebelles doit être appliqué par l'UA.

M. al-Béchir a également prévenu la Grande-Bretagne et les Etats-Unis qu'ils devaient cesser "d'appliquer une pression (sur le Soudan) comme actuellement - sur la mauvaise partie, au mauvais moment".

Cet entretien est publié deux jours après l'expulsion du Soudan de l'émissaire de l'ONU, Jan Pronk, après qu'il eut parlé de "défaites" de l'armée face aux rebelles du Darfour.

Depuis le début du conflit entre une rébellion locale et les milices djandjawid alliées à l'armée soudanaise en février 2003, au moins 200.000 personnes ont péri des effets de la famine, des combats ou de maladie au Darfour, selon l'ONU.