Peut-être 300.000 morts au Darfour

Redaction

Le Parisien, 22 Avril 2008

C'est le terrible chiffre avancé par le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires

Le bilan des morts au Darfour (Soudan) du fait de la guerre et de ses conséquences est peut-être aujourd'hui de 300.000, a indiqué mardi un haut responsable de l'ONU. «Une étude en 2006 avait fait état de 200.000 morts des effets combinés du conflit. Ce chiffre doit être plus élevé maintenant, peut-être de 50%», a déclaré John Holmes, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, devant le Conseil de sécurité.




Les estimations basées sur des rapports d'organisations internationales faisaient état jusqu'à présent de quelque 200.000 personnes tuées en cinq ans au Darfour par la guerre civile et ses conséquences. M. Holmes a souligné, peu après devant la presse, qu'il n'avait pas cherché à donner «un chiffre exact» des morts au Darfour mais qu'il s'agissait d'une «extrapolation raisonnable».

L'estimation précédente de 200.000 morts avait été faite par son prédécesseur Jan Egeland en 2006, sur la base d'une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a-t-il rappelé. «Nous sommes maintenant deux ans plus tard, c'est donc une extrapolation raisonnable de dire que ce n'est plus 200.000 morts et que cela doit être nettement plus que cela», a-t-il dit. «Je ne cherche pas à donner un chiffre exact», a-t-il insisté.

Il a souligné que la nouvelle estimation, comme la précédente, recouvrait non seulement les morts dues aux violences mais aussi celles résultants des conséquences, comme «les maladies, la malnutrition, la réduction de l'espérance de vie». L'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, a qualifié l'estimation de M. Holmes de «non objective et non professionnelle». Elle «n'aidera pas le processus de paix ni les objectifs de maintien de la paix», a-t-il affirmé.

«Selon nos propres calculs, le nombre des morts n'excède pas 10.000», a-t-il ajouté, précisant que ce chiffre n'incluait que les décès dus aux violences et pas ceux résultant de malnutrition ou de famine. «Il n'y a pas d'épidémie ni de famine au Darfour», a-t-il affirmé, assurant que de ce fait, le nombre additionnel de morts au-delà de 10.000 serait «très minimal».