Soudan: le soldat français ne serait pas mort sur le coup

Redaction

Afp, 06 Mars 2008

Le soldat français disparu au Soudan était grièvement blessé lorsqu'il a d'abord été découvert, puis abandonné, par des nomades du Darfour, ne décédant que par la suite, a rapporté jeudi un porte-parole militaire soudanais.

Le sergent français de l'Eufor, la force européenne au Tchad, avait disparu après un accrochage lundi avec l'armée soudanaise, s'étant retrouvé par mégarde au Darfour, dans l'ouest du Soudan, selon l'Eufor.

D'après le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Khalid al-Sawarmi, le soldat français avait été découvert vivant lundi par des nomades arabes qui l'ont abandonné, faute d'avoir pu communiquer avec lui.

"Il était vivant et il marchait, grièvement blessé. Ils ont tenté de l'aider mais a surgi un problème de langue. C'était le jour de l'affrontement", a-t-il dit à l'AFP.

Ce ne serait que plus tard que ces nomades de l'ouest du Darfour, région en proie à la guerre civile, ont retrouvé son corps, à 4 km à l'ouest du village d'Abou Jaradil, en direction de la frontière tchadienne.

Toujours selon ce porte-parole, quatre nomades qui ont alors tenté de transporter sa dépouille ont été tués dans l'explosion d'une grenade accrochée à son uniforme.

"Ils l'ont retrouvé mort et ont tenté de porter son corps. C'est à ce moment que la grenade a explosé, tuant quatre personnes", a-t-il dit.

Le second soldat français, blessé lundi dans l'accrochage avec l'armée soudanaise, est lui parvenu à regagner le Tchad au terme d'une fuite rocambolesque, après s'être emparé d'un cheval, a-t-on par ailleurs appris de source militaire.

La dépouille du soldat tué a été transférée à Khartoum.

Selon le directeur du département criminalité de la police soudanaise, le général Abdeen al-Tahir, cité par l'agence officielle Suna, une autopsie sera pratiquée avant la remise de la dépouille aux autorités françaises. Une céméronie militaire est prévue vendredi avant que le corps du soldat soit rapatrié.

Le ministère français de la Défense a indiqué jeudi espérer une identification "formelle" du corps dans la journée.

Un diplomate européen a indiqué à l'AFP qu'une équipe médico-légale de l'Eufor, basée au Tchad, devait arriver jeudi à Khartoum.

Le Soudan avait confirmé mercredi qu'un corps retrouvé au Darfour était celui "du soldat disparu".

"Nous pouvons confirmer que le soldat porté disparu a été retrouvé mort près de la frontière commune entre le Tchad et le Soudan", avait annoncé Ali al-Sadiq, porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères.

Il a ajouté à l'AFP: "oui, c'est un Français (...) et il sera rapatrié vers la France".

Des diplomates européens, qui ont été en contact avec les autorités soudanaises, ont précisé qu'une cérémonie pour le rapatriement était en préparation pour vendredi, avant le départ par avion du corps.

Selon l'Eufor, deux militaires français en mission de reconnaissance avaient pénétré par erreur à bord d'un véhicule tout terrain au Darfour, déclenchant un échange de tirs avec les autorités locales. Leur identité n'a pas été révélée.

L'Eufor Tchad-RCA est chargée de veiller à la sécurité d'une mission de police de l'ONU, des centaines de milliers de réfugiés soudanais du Darfour et de personnes déplacées dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique.

En cinq ans, le conflit au Darfour a fait près de 200.000 morts, selon des organisations internationales, et plus de deux millions de déplacés. Khartoum conteste ce bilan et chiffre le nombre des victimes à 9.000.

L'Eufor, dont le déploiement a été retardé par l'offensive de rebelles tchadiens sur N'Djaména en février, doit compter 3.700 soldats dont 2.100 Français. Plus de 700 militaires, en majorité français, sont déjà déployés.