Darfour : Jan Pronk regrette que le gouvernement soudanais continue de rechercher une solution militaire à la crise

Xinhua

Xinhua, 28 Octobre 2006

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Soudan, Jan Pronk, a déploré vendredi le fait que le gouvernement du Soudan continuait de bombarder la région du Darfour et de rechercher une solution militaire à la crise, malgré la signature d'un accord de paix.

Trois jours après que le gouvernement soudanais eut demandé son expulsion, suite aux remarques formulées sur l'armée soudanaise, le Représentant du Secrétaire général a insisté de nouveau sur le fait qu'une solution militaire n'existait pas au Darfour.

"Ce qu'il faut c'est une mission de maintien de la paix qui puisse faire deux choses : assister les populations, mais aussi respecter la souveraineté du Soudan. Et cela, seul l'ONU peut le faire", a-t-il affirmé, lors d'une rencontre avec la presse, au siège de l'ONU à New York, à l'issue de consultations avec le Conseil de sécurité.

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, qui a pris la parole aux côtés de Jan Pronk, a rappelé lui aussi qu'il n'y avait pas de solution militaire à la crise, affirmant qu'"aucune force militaire ne pourra apporter à elle seule la paix au Darfour".

Jean-Marie Guéhenno a indiqué qu'il avait exposé au Conseil de sécurité l'ensemble des mesures proposées par les Nations Unies pour soutenir la Mission de l'UA au Soudan (MUAS).

Le Secrétaire général adjoint a enfin tenu à dire que tous les membres du Conseil rendaient hommage au "courage" de Jan Pronk, à "son engagement pour le Soudan et pour la paix au Soudan".

Le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a confirmé que son Représentant spécial pour le Soudan continuerait de servir jusqu'à la fin de l'année, c'est-à-dire jusqu'à l'expiration de son contrat, et qu'il continuerait de bénéficier de sa "pleine confiance".

Le Conseil de sécurité a autorisé le 31 août le déploiement au Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourrait compter jusqu'à 17.300 soldats et qui serait chargée de relayer la MUAS, invitant le gouvernement soudanais à consentir à un tel déploiement.

Le Soudan s'y oppose toujours, ne donnant son accord qu'à un renforcement de l'appui à la MUAS.