La procureur adjointe participe à une consultation des femmes consacrée au Darfour.

Redaction

Cpi, 24 Janvier 2008

Fatou Bensouda, procureur adjointe de la Cour pénale internationale, s’associera les 24 et 25 janvier à d’autres femmes africaines à l’occasion d’une consultation sur le Darfour qui se déroulera à Addis-Abeba (Éthiopie) et abordera des questions ayant trait aux femmes dans la région soudanaise du Darfour.

Cet événement est organisé chaque année par Femmes Africa Solidarité et vise à amener des femmes de premier plan à engager un dialogue constructif à propos de questions se rapportant aux femmes dans les zones de conflit.

La procureur adjointe exhortera les personnes présentes à ne pas rester sourdes à la détresse des femmes dans des régions où sévissent des conflits, comme la République démocratique du Congo, l’Ouganda, le Darfour et la République centrafricaine. Selon Mme Bensouda, « les femmes sont les victimes de crimes sexuels et à caractère sexiste dont les auteurs doivent savoir qu’ils seront poursuivis », et d’ajouter qu’au Darfour, en ce moment-même, les femmes sont les premières à faire les frais des attaques incessantes commises contre la population civile des camps pour personnes déplacées, des attaques faisant l’objet d’enquêtes de la part du Bureau du Procureur.

La procureur adjointe rappellera aux participants l’objectif consistant élaborer un plan des femmes du Darfour pour la paix axé sur le besoin de justice : « La justice est une condition essentielle si l’on veut enrayer le cycle des violations à répétition des droits des femmes ». Mme Bensouda insistera sur le fait que l’arrestation des personnes recherchées par la Cour, le ministre soudanais Ahmad Harun et le chef de milice/Janjaouid Ali Kushayb, constitue un élément essentiel. Pour elle, « tant que ces criminels présumés seront en liberté, ils menacent les victimes au Darfour ».

Faisant référence au 11e Sommet de l’Union africaine qui débutera le 25 janvier, la procureur adjointe a déclaré qu’il était possible d’en faire davantage pour la population du Darfour : « Aujourd’hui encore, le Darfour est le théâtre de crimes. Il convient d’arrêter Ahmad Harun et Ali Kushayb maintenant ; les crimes doivent cesser. Les États parties à la CPI, les Nations Unies, l’Union africaine et d’autres organisations internationales ne doivent négliger aucune possibilité d’envoyer des messages fermes aux autorités soudanaises. »

La Cour pénale internationale est une cour permanente et indépendante qui mène des enquêtes et engage des poursuites à l’encontre de personnes accusées des crimes les plus graves ayant une portée internationale - génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre - pour autant que les autorités nationales compétentes n’aient ni la capacité ni la volonté de le faire véritablement. Le Bureau du Procureur mène en ce moment des enquêtes à propos de quatre situations : République démocratique du Congo, Nord de l’Ouganda, Darfour (Soudan) et République centrafricaine. Tous ces pays restent, à des degrés divers, engagés dans des conflits dont les victimes ont un besoin urgent de protection.