Darfour: la minute de vérité pour l'ONU

Redaction

Radio Canada, 27 Octobre 2006

Le Soudan a expulsé l’envoyé spécial de l’ONU au Darfour, Jan Pronk, parce qu’il avait critiqué les agissements de l’armée soudanaise dans la région où se déroulent les massacres de populations noires.

Les dirigeants de Khartoum ont déjà refusé l’envoi de 17 000 Casques bleus au Darfour (résolution du 31 août dernier) en prétextant qu’il s’agissait d’une atteinte à leur souveraineté nationale.

Ils exigent maintenant que les Nations unies envoient un autre émissaire que Jan Pronk.

Aussi bien dire qu’ils cherchent à imposer leurs quatre volontés à l’ONU.

La secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a fait valoir au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, l’importance d’avoir un représentant au Soudan. Qu’il n’est peut-être pas nécessaire que cela soit Jan Pronk.

En d’autres mots, Washington, pour des raisons qui lui sont propres (le pétrole soudanais) serait prêt à se soumettre au diktat de Khartoum.

Mais le secrétaire général Annan risque gros dans cette histoire. S’il se rend au diktat de Khartoum, il risque de faire perdre à l’ONU le peu de crédibilité qu’il lui reste face à cette tragédie.

Il est sans doute fort conscient, par ailleurs, que c’est exactement ce que l’administration Bush cherche à faire depuis son arrivée au pouvoir.

Pendant ce temps, des milliers de Soudanais continuent à mourir au Darfour.