La force ONU-UA au Darfour a aplani quelques difficultés, selon son chef

Redaction

Afp, 02 Décembre 2007

Le futur patron de la mission afro-onusienne au Darfour, Rodolphe Adada, a indiqué dimanche avoir résolu avec les autorités soudanaises quelques-unes des difficultés se posant au déploiement de cette force.

Dans un communiqué diffusé à l'issue d'une journée de réunions avec des responsables soudanais, il a indiqué avoir reçu la promesse que les équipements de communication de la mission seront dédouanés "avant la fin de la semaine".

Des instructions ont été données par les autorités, selon lui, pour allouer des terrains à la mission dans le secteur ouest du Darfour, celui de Geneina et Zalengi, comme ce fut le cas dans ceux d'Al-Facher (nord) et de Nyala (sud).

M. Adada a aussi indiqué avoir demandé l'autorisation pour des vols de nuit à l'aéroport d'Al-Facher et avoir obtenu la permission d'y effectuer des évacuations sanitaires, en attendant la modernisation des équipements.

Dans ce communiqué, le futur patron de la Mission des Nations unies et de l'Union africaine (Minuad) n'a pas évoqué certaines questions plus difficiles, et notamment le fait que le Soudan refuse que certains Etats, comme les pays scandinaves, la Thaïlande et le Népal, envoient des contingents dans cette force.

Le déploiement de la force hybride a pris plusieurs mois de retard et seul un tiers des effectifs sera prêt à temps dans le meilleur des cas, a affirmé samedi le commandant de cette force.

"Il était prévu que nous connaîtrions fin août la contribution de chaque pays (à cette force). Nous sommes aujourd'hui en décembre. Nous ne savons toujours pas, vous pouvez vous rendre compte du retard pris", a expliqué le général Martin Luther Agwai à des journalistes visitant le Darfour.

Dans le meilleur des cas, 9.000 hommes, sur les 26.000 que devrait compter à terme la force, pourraient être déployés au 1er janvier, date prévue par le calendrier, a-t-il indiqué. Il a précisé que sur ces 9.0O0 hommes, 6.200 étaient déjà au Darfour dans la force de l'UA.

La mise en place de la force se heurte à de nombreux obstacles notamment logistiques. Aucun des 24 hélicoptères qu'elle demande n'a été proposé.

Jeudi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était dit "déçu" par les atermoiements de Khartoum qui retardent ce déploiement, selon lui.

Parmi les questions à régler, M. Ban avait cité la conclusion avec Khartoum d'un accord sur le statut des futurs soldats de la paix, l'acceptation de la composition de la force et l'octroi de droits d'acquisition de terrains et d'autorisations de vol, y compris de nuit, pour ses hélicoptères.

Le conflit au Darfour a fait environ 200.000 morts et 2,2 millions de personnes déplacées, selon des organisations internationales. Khartoum parle de seulement 9.000 morts.