L'armée tchadienne annonce la mort de centaines de rebelles

Stéphanie Hancok

Ap, 26 Novembre 2007

L'armée tchadienne annonce que des centaines de rebelles ont été tués pendant et après l'attaque d'une colonne d'insurgés dans l'est du pays limitrophe du Darfour soudanais.

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"Le bilan partiel est d'une cinquantaine de véhicules récupérés, une quarantaine de véhicules détruits, plusieurs centaines de morts, plusieurs prisonniers de guerre", indique le communiqué de l'état-major général diffusé par la télévision nationale, qui précisé qu'un bilan définitif sera communiqué mardi.

Ce bilan provisoire n'a pas été, pour le moment, confirmé de source indépendante et l'armée tchadienne n'a fourni aucun chiffre de pertes dans ses rangs.

D'après un journaliste de Reuters présent sur place, le hangar de la base militaire française d'Abéché, principale ville de l'Est tchadien, s'est transformé en centre de triage d'urgence pour soldats tchadiens blessés.

Lundi, des combats ont opposé durant plusieurs heures forces gouvernementales et insurgés autour des localités de Forchana et Hadjer Hadid.

"Après l'attaque du poste de gendarmerie de Hadjer Hadid, la colonne rebelle s'est dirigée vers Abéché. Quand les forces de défense et de sécurité l'ont interceptée ce matin, (...) les combats d'une rare violence ont éclaté à Abou Goulem, une localité située à 80 km d'Abéché", a précisé l'armée.

"Les forces de défense et de sécurité ont procédé à un anéantissement total et définitif de cette colonne".

L'état-major précise que l'opération de "(...) ratissage a continué jusqu'à la tombée de la nuit."

L'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD, mouvement dirigé par Mahamat Nouri et qui est l'un des principaux groupes rebelles tchadiens) avait auparavant annoncé qu'elle avait été attaquée par l'armée à 08h30 GMT.

"Nous avions reçu des renseignements sur l'imminence d'une attaque, alors nous étions prêts", avait précisé Nouri à Reuters par téléphone satellite, alors que les combats se poursuivaient près des deux localités, à environ 70 km à l'est d'Abéché.

DEUX HAMANITAIRES MALMENES

Ces troubles soulignent la dégradation de la sécurité dans un secteur où doivent se déployer dans les prochaines semaines les premiers éléments de l'Eufor, la force de maintien de la paix de l'Union européenne qui comptera 3.700 hommes.

Les combats ont éclaté alors que l'UFDD et le Rassemblement des forces pour le changement (RFC), un autre groupe rebelle, ont suspendu dimanche l'accord de cessez-le-feu signé un mois plus tôt à Syrte, sous l'égide de la Libye, avec le gouvernement du président Idriss Déby.

Samedi, des hommes de l'UFDD avaient mené une incursion à Hadjer Hadid, avant d'être pris en chasse par des hélicoptères tchadiens et français.

Le groupe rebelle a affirmé que ses troupes n'étaient entrées dans la ville que pour se ravitailler en eau et qu'elles en étaient reparties rapidement sans avoir déclenché d'hostilité.

Les forces françaises présentes au Tchad ont sécurisé l'aéroport d'Abéché et les ONG ont suspendu leurs opérations dans deux camps de réfugiés proche de Hadjer Hadid, a déclaré un responsable de l'Onu.

A N'Djamena, le gouvernement a affirmé que les rebelles avaient opéré samedi de leurs bases arrière au Soudan "pour attaquer des gendarmes assignés à la protection de camps de réfugiés dans plusieurs petites implantations frontalières, dont Hadjer Hadid".

"Le Tchad tient pour responsable le Soudan, qui a l'obligation de contenir les éléments armés de tous les signataires de l'accord de Syrte jusqu'à la mise en oeuvre de la clause centrale dudit accord, qui est le désarmement", a ajouté le ministre de la Communication, Hourmadji Moussa Doumgor.

Samedi soir, un autre incident s'est produit à Kou Kou Angarana, petite ville à 180 kilomètres au sud-ouest d'Abéché, où des hommes portant des tenues militaires ont fait irruption dans une enceinte utilisée par des ONG.

Un expatrié de Médecins sans Frontières et un autre étranger travaillant pour Oxfam International ont été battus à coups de crosse de fusil. Un agent de sécurité tchadien a reçu une balle dans la jambe. La plupart des humanitaires présents dans cette ville ont été évacués vers Goz Beïda.