Combats dans l'est du Tchad: N'Djamena accuse le Soudan d'"agression"

Redaction

Le Monde, 29 Novembre 2007

le Premier ministre tchadien a estimé jeudi à N'Djamena que les combats opposant depuis lundi l'armée à des rebelles dans l'est du pays procédaient d'une volonté du Soudan de "déstabiliser" le Tchad et a accusé Khartoum d'"agression".

"Il n'y a pas seulement l'implication du Soudan" dans les affrontements qui opposent l'armée tchadienne aux rebelles de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), "il y a l'agression du Soudan", a déclaré Nourradine Delwa Kassiré Coumakoye lors d'une conférence de presse.

"Les rebelles ont été instrumentalisés par (le président soudanais Omar) el-Béchir", a-t-il ajouté. Ils "ont servi de moyen pour nous déstabiliser" a-t-il poursuivi, précisant que l'armée tchadienne avait saisi sur le champ de bataille du matériel provenant du Soudan.

Selon le Premier ministre, Khartoum est "inquiet" de l'arrivée prochaine d'une force européenne dans l'est du Tchad et du déploiement attendu d'une force hybride ONU-Union africaine au Darfour, région de l'ouest soudanais voisine du Tchad et en proie à la guerre civile depuis 2003.

"La motivation (du Soudan), c'est que l'arrivée de l'Eufor et de la force hybride empêche el-Béchir de dormir", a-t-il expliqué.

M. Coumakoye s'est également interrogé sur le "silence du médiateur", le guide libyen Mouammar Kadhafi, sous l'égide duquel N'Djamena a signé le 25 octobre avec quatre groupes rebelles un accord de paix jamais mis en oeuvre et qui a volé en éclats lundi avec la reprise des combats.

Les affrontements, qui se succèdent depuis lundi dans l'est du Tchad, non loin de la frontière soudanaise, sont d'une intensité rarement constatée jusqu'ici, selon des sources militaires tchadiennes et des rebelles.