Le Soudan montré du doigt

Redaction

Radio Canada, 25 Octobre 2006

Le ministre tchadien de la Communication a soutenu, mercredi, que les attaques des rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno étaient menées à partir du Soudan.

De telles accusations étaient par ailleurs reprises par son homologue des Affaires étrangères, Ahmat Allami, qui a affirmé que le tir, lundi, d'un missile sol-air par des rebelles contre un avion de reconnaissance français était la preuve que le Soudan soutenait la rébellion.

Selon lui, les autorités soudanaises ne pouvaient pas ignorer que les rebelles s'étaient procuré ce type d'équipement militaire.

M. Allami a assuré qu'il allait toutefois privilégier le dialogue avec le Soudan pour « surmonter ces difficultés ».

Dimanche et lundi, les hommes de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), une fusion de plusieurs groupes hostiles au régime de N'Djamena, ont successivement occupé Goz Beïda, près de la frontière soudanaise, puis Am Timan, à une centaine de kilomètres plus au sud, avant de s'en retirer quelques heures plus tard.

C'est durant ces opérations qu'un avion français a essuyé un tir missile sol-air qui ne l'a pas touché.

Le chef de l'UFDD, le général Mahamat Nouri, a reconnu mardi que ses troupes avaient tiré ce missile, en expliquant qu'il s'agissait d'une méprise, car elles se croyaient attaquées par l'appareil français.

Le Tchad et le Soudan ont normalisé leurs relations le 8 août après plusieurs mois de conflit larvé, les deux pays s'accusant mutuellement de soutenir des rébellions hostiles à leur régime.

N'Djamena avait rompu ses relations diplomatiques avec Khartoum le 14 avril dernier, au lendemain de la défaite des rebelles du Front uni pour le changement. En effet, N'Djamena accusait Khartoum de les soutenir.

Et les autorités soudanaises soupçonnent les Tchadiens de venir en aide aux rebelles qui combattent depuis début 2003 leur armée dans la région soudanaise du Darfour, frontalière avec le Tchad.