Darfour: toujours des obstacles au déploiement de la force ONU-UA

Redaction

Afp, 27 Novembre 2007

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, a de nouveau dénoncé mardi les obstacles auxquels se heurte le déploiement de la future force ONU-Union africaine au Darfour, notamment les tracasseries administratives de Khartoum.

Parallèlement, son collègue chargé du volet politique du dossier du Darfour, Jan Eliasson, a brossé un tableau sombre de la situation humanitaire dans la province soudanaise et de l'évolution du processus de paix entre Khartoum et les rebelles.

Le déploiement de la force ONU-UA, la Minuad, "se heurte à des défis essentiels dans trois domaines: la fourniture de ses composantes en hommes et équipements, un accord final sur sa composition et des obstacles administratifs", a déclaré M. Guéhenno lors d'un débat au Conseil de sécurité.

Le déploiement de cette force "hybride" de quelque 26.000 hommes, dont les premiers éléments devaient être en place début 2008, a été décidé par le Conseil de sécurité fin juillet pour remplacer l'Amis, l'actuelle force de l'UA aux effectifs insuffisants d'un peu plus de 6.000 hommes, et sous-financée. La passation de relais entre l'Amis et la Minuad est en principe prévu pour fin décembre.

"Cinq semaines avant ce transfert d'autorité, la Minuad est toujours dépourvue de moyens mobiles indispensables", notamment 18 hélicoptères de transport et six hélicoptères tactiques, a dit M. Guéhenno.

Dressant un constat similaire le 14 novembre, le haut fonctionnaire onusien avait adressé une critique voilée aux pays développés, seuls en mesure de fournir ce genre d'équipement moderne, pour leur manque d'empressement.

Mardi, il a adressé davantage de critiques au gouvernement soudanais, déplorant qu'il s'oppose toujours au déploiement, au sein de la Minuad, de certaines unités non africaines et l'accusant de multiplier les obstacles administratifs à l'arrivée de la Minuad.

Réitérant le caractère indispensable à l'efficacité de la force de ces unités non africaines - offertes par la Thaïlande, le Népal et les pays nordiques - M. Guéhenno a estimé que le refus du gouvernement soudanais "crée l'incertitude quant à la réalité de son engagement en faveur de la Minuad".

Khartoum, qui s'est longtemps opposé au déploiement de cette force sur son territoire, n'a finalement accepté qu'à la condition qu'elle soit essentiellement africaine. Selon les schémas prévus par l'ONU, la Minuad doit être aux deux tiers africaine.

De son côté, M. Eliasson, chargé de faciliter au nom de l'ONU le processus de paix intersoudanais au Darfour, a exprimé devant le Conseil sa "préoccupation" devant la situation humanitaire actuelle, qui "affecte le processus politique".

"L'atmosphère" de celui-ci, a-t-il dit, est "moins positive que l'été dernier (...) nous ne pourrons progresser que si les parties font preuve de sérieux, de volonté politique et d'un engagement déterminé pour la paix."

Des pourparlers de paix intersoudanais, entamés le 27 octobre à Syrte (Libye), sont au point mort après avoir été boycottés par plusieurs groupes rebelles du Darfour.