L'Afrique du Sud réfléchit à envoyer plus de troupes au Darfour

Redaction

Afp, 08 Novembre 2007


Le président sud-africain Thabo Mbeki a déclaré mercredi au Cap qu'il pourrait autoriser le déploiement de troupes supplémentaires dans la province déchirée du Darfour, lors d'une conférence de presse avec son homologue soudanais Omar El-Béchir.

Interrogé sur une augmentation des troupes sud-africaines dans cette province de l'ouest du Soudan, Mbeki a répondu : "oui, nous y pensons, en gardant à l'esprit nos autres engagements."

"Nous y pensons parce que nous voulons contribuer à la résolution de ce problème. Nous regardons ce qui est nécessaire", a-t-il ajouté.

L'Afrique du Sud a déjà près de 700 soldats dans le cadre de l'AMIS, la Mission de l'Union africaine (UA) déployée dans cette province en proie à une guerre civile depuis 2003.

L'AMIS doit être remplacée par une force hybride UA/casques bleus de l'ONU d'ici la mi-2008 qui doit compter 19.000 soldats et 6.000 policiers.

Le président El-Béchir, qui s'est longtemps opposé au déploiement d'une force des Nations unies dans cette région avant de donner son accord en juillet, a accusé l'Onu de retarder son arrivée.

"Dès que la résolution sur la force hybride a été votée, le secrétaire général des Nations unies était censé présenter un budget au Conseil de sécurité, mais malheureusement, il ne l'a toujours pas fait", a-t-il dit.

Par ailleurs, le président Mbeki a regretté que la communauté internationale n'ait pas tenu les promesses financières faites au Soudan pour l'aider à stabiliser la situation dans le sud du pays.

"La réponse aux promesses faites à Oslo a été plutôt pauvre", a-t-il déclaré en référence à la conférence des donateurs d'Oslo, en avril 2005.

La communauté internationale s'était engagée à fournir 4,5 milliards de dollars pour développer le sud du pays, quelques mois après la signature d'un accord de paix entre l'ex-rébellion sudiste et le gouvernement central.

"Nous devons retourner voir ceux qui ont fait ces promesses et leur demander pourquoi ils ne les ont pas tenues?", a poursuivi Mbeki.

Sa déclaration intervient alors que l'accord de paix entre le Sud et Khartoum traverse une crise, due à la décision du Mouvement populaire pour la Libération du Soudan (SPLM) de retirer ses ministres (représentant le Sud-Soudan) du gouvernement d'union nationale.