Ban Ki-moon s'impatiente des retards subis par la force ONU-UA

Redaction

Afp, 08 Novembre 2007

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, préoccupé par les retards subis par le déploiement au Darfour de la force hybride ONU-Union africaine (UA), exhorte les pays donateurs à fournir les hélicoptères indispensables à cette fin, dans un rapport publié mercredi.

"Je suis préoccupé du fait que les incidents du dernier mois (au Darfour) et les retards observés dans le déploiement de la Minuad pourraient mener à une nouvelle détérioration sur le terrain", écrit M. Ban dans ce rapport mensuel au Conseil de sécurité.

"A ce stade, il est urgent que les Etats membres ayant la capacité de fournir les équipements de transport aérien qui manquent encore (à la Minuad) le fassent", ajoute-t-il. "Sans ces unités cruciales, la mission ne sera pas capable de remplir son mandat", souligne-t-il.

Le déploiement d'une force hybride ONU-UA au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003, a été décidé par le Conseil de sécurité. Il s'agira de la plus importante force de maintien de la paix au monde, avec 19.000 militaires, 6.000 policiers et environ 5.500 civils. Elle devrait être opérationnelle courant 2008.

Un des problèmes non résolus en vue de son déploiement est le besoin urgent d'au moins 24 hélicoptères de transport et d'hélicoptères tactiques légers.

Des diplomates ont expliqué que plusieurs pays européens, qui seraient en mesure de fournir ces hélicoptères, étaient réticents car ils avaient des doutes sur l'efficacité du commandement de la future force ONU-UA.

De hauts fonctionnaires du département de maintien de la paix de l'ONU ont eu des entretiens cette semaine à Washington avec des responsables américains pour leur demander d'user de leur influence pour convaincre certains pays de fournir ces appareils.

Selon M. Ban, le déploiement rapide de la Minuad "dépend aussi de la coopération du gouvernement soudanais dans l'acquisition de terrains" pour l'installation de la force, de "l'octroi de droits de survol aux appareils de l'ONU et d'un accord sur la finalisation de la liste des pays fournissant des troupes à la Minuad".

En octobre, l'ONU et l'UA s'étaient entendues pour accepter des contingents de 16 pays, principalement africains mais aussi du Bangladesh, de Jordanie, du Népal, des Pays-Bas, des pays scandinaves et de Thaïlande.

Mais Khartoum conteste la nécessité d'inclure des troupes non africaines alors que des soldats du continent sont disponibles, selon l'ONU.

"La composition est à prédominante africaine, comme prévu (par le Conseil de sécurité), et cela donne une force qui serait conforme aux critères de l'ONU et capable d'être déployée dans les délais prévus", affirme M. Ban.

Le président soudanais, Omar el-Béchir, qui s'est longtemps opposé au déploiement d'une force onusienne dans cette région avant de donner son accord en juillet, a accusé l'ONU de retarder son arrivée.

"Dès que la résolution sur la force hybride a été votée, le secrétaire général des Nations unies était censé présenter un budget au Conseil de sécurité, mais malheureusement, il ne l'a toujours pas fait", a-t-il dit mercredi au Cap, lors d'une visite en Afrique du sud.

Le conflit au Darfour a fait environ 200.000 morts et 2,2 millions de personnes déplacées, selon l'ONU, des chiffres que ne reconnaît pas Khartoum.