Khartoum : opprobre et disgrâce

Afriquecentrale.info

Afriquecentrale.info, 11 Septembre 2006

Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a condamné lundi devant le Conseil de sécurité les nouvelles violences au Darfour, notamment le recours aux bombardements aériens par les forces gouvernementales, en violation des accords de paix existants.

Lors d’un débat public, les membres du Conseil ont exprimé leur exaspération devant la persistance du refus du gouvernement soudanais d’autoriser le déploiement d’une force de l’Onu au Darfour pour aider à stabiliser la province et protéger les civils.

Affirmant que "la tragédie du Darfour a atteint un moment critique" et "mérite toute l’attention du Conseil et une action urgente", M. Annan a dénoncé la reprise des combats, en particulier dans le nord du Darfour, entre factions rebelles.

"Des milliers de forces gouvernementales ont été déployées dans ce secteur, en claire violation de l’accord de paix du Darfour", signé en mai dernier entre Khartoum et une partie des rebelles, a-t-il déploré.

"Pire encore, la zone a subi de nouveaux bombardements aériens. Je condamne fermement cette escalade. Le gouvernement doit cesser son offensive immédiatement et s’abstenir de tout acte similaire", a-t-il ajouté.

Rappelant la "responsabilité sacrée" du gouvernement de protéger sa propre population, M. Annan l’a de nouveau averti qu’il serait "tenu responsable" de toute nouvelle catastrophe humanitaire au Darfour.

"Il subira l’opprobre et la disgrâce aux yeux de toute l’Afrique et de la communauté mondiale. De plus, ni ceux qui décident d’une telle politique, ni ceux qui la mettent en oeuvre ne doivent s’imaginer qu’ils ne devront pas rendre des comptes", a-t-il souligné.

Plusieurs délégations ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme l’"intransigeance" de Khartoum et souligné l’inquiétude que suscite l’envoi de renforts militaires soudanais au Darfour, en proie depuis plus de trois ans à une guerre civile qui a fait jusqu’à 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Elles ont appelé le gouvernement soudanais à revenir sur sa position résolument hostile à la résolution 1706, qui prévoit le transfert à une force de l’Onu d’un maximum de 20.000 hommes des responsabilités de l’actuelle force de l’Union africaine (UA), sous-financée et mal équipée.

Le Soudan, tout en rejetant "catégoriquement" la résolution 1706, s’est dit prêt samedi à poursuivre le dialogue avec la communauté internationale.

Des représentants de l’UA, de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique (OIC) ont participé au débat au Conseil de sécurité.