L’Onu vote l’envoi de renforts au Darfour

Le Figaro

Le Figaro, 31 Août 2006

La résolution 1706 votée jeudi autorise le déploiement de 17.000 Casques bleus chargés de relayer les soldats l’Union africaine. Mais Khartoum refuse toujours une telle éventualité.

Douze pays ont voté en faveur du texte rédigé par les Américains et les Britanniques qui prévoit le déploiement de Casques bleus supplémentaires au Darfour. Les effectifs de la Mission des Nations unies au Soudan (Minus) devraient ainsi passer de 12.000 soldats à 17.000.

Trois pays se sont abstenus : la Chine, la Russie et le Qatar. Si Pékin a réitéré son soutien au déploiement d'une force de l'Onu, il a regretté que le vote ait lieu avant que le gouvernement soudanais ne donne son accord. « La transition vers une mission de l'Onu est une bonne approche. Mais une telle transition ne peut être possible et une mission ne peut être déployée qu'une fois le consentement du gouvernement soudanais obtenu », a insisté l'ambassadeur chinois.

Etape obligatoire pour le déploiement effectif des Casques bleus : l’accord de Khartoum. A cet effet, la résolution 1706 réaffirme le respect « de la souveraineté, de l'unité, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Soudan ». Khartoum a rejeté à maintes reprises l’idée d’un déploiement massif de l’Onu au Darfour, estimant que cela menaçait sa souveraineté et a proposé à la place de déployer 10.500 soldats soudanais d’ici à début janvier. Toutefois, selon la secrétaire d’Etat américaine adjointe aux Organisations internationales, l’accord du gouvernement soudanais n’est pas nécessaire pour augmenter le nombre de Casques bleus. Jeudi en début de soirée, Khartoum n’avait pas encore réagi.

Appliquer l’accord de paix

La résolution votée jeudi prévoit que les Casques bleus relayeront les militaires de l’Union africaine (UA) dans cette région occidentale du Soudan, dévastée par la guerre civile.

L’UA s’est jusqu’à présent révélée incapable de protéger les populations civiles, régulièrement victimes de meurtres, viols et déplacements forcés depuis plus de trois ans. « Nous avons besoin de passer le relais à une force de l'Onu dès que possible afin que les personnes déplacées, les personnes réfugiées dans les camps puissent être protégées et que l'accord de paix au Darfour soit appliqué », a insisté le représentant américain au Conseil de sécurité, John Bolton.

Un accord de paix a été signé en 2005 entre le gouvernement de Khartoum et le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SPLM/A), l'ex-rébellion du sud. Mais le régime soudanais, soutenu par les milices arabes alliées, sont toujours accusés de génocide. Depuis début 2003, les combats avec les rebelles et la crise humanitaire au Darfour ont fait entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés.