George Bush propose de rencontrer le président soudanais

Corine Lesnes

Le Monde, 01 Septembre 2006

Les Etats-Unis veulent forcer la porte du Darfour. Alors que les organisations humanitaires s'inquiètent de voir les forces gouvernementales préparer un nouvel assaut contre les groupes rebelles qui ont refusé les accords de paix signés il y a quatre mois, le président George Bush entend accélérer les discussions à l'ONU, où le Darfour est à l'ordre du jour depuis plus de deux ans.

La secrétaire d'Etat adjointe aux affaires africaines, Jendayi Frazer, s'est rendue à Khartoum la semaine dernière pour tenter de persuader le régime soudanais d'accepter le déploiement prévu par l'ONU d'une force de maintien de la paix. Le président Omar Al-Bachir a d'abord fait répondre qu'il était très pris, avant d'accepter de la recevoir mardi 29 août.
Selon The Washington Post, Mme Frazer a remis au président soudanais une proposition de M. Bush : une rencontre bilatérale à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, où le président américain doit se rendre, comme chaque année, pour prononcer un discours lors de l'ouverture, le 19 septembre.

Selon le quotidien, cette proposition vise à montrer au régime soudanais - encore accusé il y a peu d'encourager les massacres - qu'une coopération avec l'ONU pourrait lui profiter.
Simultanément, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont prévu de demander au Conseil de sécurité de l'ONU de voter, jeudi, le déploiement de la force de l'ONU au Darfour. Celle-ci devra compter 21 000 hommes - 17 300 soldats et 3 300 policiers - pour prendre la relève des 7 000 soldats de l'Union africaine (UA).

Les deux pays ont modifié leur texte pour inclure la position de Khartoum. Il appelle maintenant au "consentement" du gouvernement soudanais.
L'ambassadeur américain John Bolton n'a pas voulu dire si l'émissaire du président Bush avait reçu des assurances mais il s'est déclaré convaincu que, une fois le texte voté, "le consentement (de Khartoum) viendrait plus rapidement que l'on ne pense".

Il a rappelé que le régime avait élevé jusqu'à la dernière minute des objections au déploiement des casques bleus en 2005 dans le sud du pays, où un accord de paix a été signé. Les Etats-Unis avaient déjà fait miroiter alors la levée des sanctions économiques pour inciter à l'arrêt des hostilités contre les chrétiens.