Khartoum veut que la force de l'UA au Darfour parte le 30/9

Reuters

L'express, 04 Septembre 2006

Le Soudan a demandé dimanche aux troupes de l'Union africaine supervisant une trêve précaire au Darfour de quitter le pays d'ici au 30 septembre.

Cette démarche intervient au moment où Khartoum engage une nouvelle offensive qui menace de relancer une guerre tous azimuts dans la province de l'Ouest soudanais.

Le gouvernement du Soudan a défié la communauté internationale en rejetant une résolution adoptée jeudi par le Conseil de sécurité et prévoyant le déploiement de plus de 20.000 soldats et policiers de l'Onu au Darfour afin d'y remplacer la mission sous-équipée de l'UA.

Loin de préparer le terrain aux casques bleus, Khartoum a transféré des milliers de soldats dans le nord du Darfour et déclenché une offensive contre des rebelles qui n'avaient pas signé un accord de paix en mai sous l'égide de l'UA, selon des informations de l'organisation panafricaine, des Etats-Unis et de mouvements de défense des droits de l'homme.

"Nous leur demandons de partir parce qu'elles ont fait comprendre qu'elles ne seraient pas en mesure de poursuivre leur mission", a déclaré Jamal Ibrahim, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, au sujet des troupes de l'UA.

"C'est une décision définitive."

L'UA, qui a dit ne pouvoir financer sa mission que jusqu'à la mi-octobre, n'a pu enrayer les violences depuis l'accord de mai, signé par une seule des trois factions rebelles engagées dans des négociations.

Des responsables de l'Onu estiment que le Darfour risque de retomber à tout moment dans une guerre totale.

Des dizaines de milliers d'habitants ont été tués depuis que des rebelles africains ont pris les armes contre Khartoum en l'accusant de marginaliser le Darfour. Des milices arabes, les "djandjaouid", y ont opéré pour le compte du gouvernement.

La province a été le théâtre de massacres, de viols et de déplacements de population dans lesquels Washington a dénoncé un génocide, accusation que rejette Khartoum.

La plus importante opération humanitaire du monde est menacée au Darfour, où les conditions d'accès à plus de trois millions de victimes de la guerre n'ont jamais été aussi difficiles depuis le début du conflit en 2003. Depuis mai, douze employés d'organismes humanitaires y ont été tués.

Ibrahim a déclaré que le Soudan reprochait à l'UA d'avoir laissé entendre qu'il était favorable à une transition sous le contrôle de l'Onu. "Nous considérons qu'ils ne sont pas en droit de transférer leur mandat à une autre partie - c'est nous qui décidons si nous continuons avec l'UA ou non", a-t-il dit.