Une force de l’ONU au Darfour ?

Jan Egeland

Blog, 11 Juillet 2006

Jan Egeland a plaidé aujourd’hui pour le déploiement d’une force de l’ONU au Darfour. Une force qui soit capable de protéger les populations civiles contre les exactions des milices du gouvernement et, de plus en plus, des factions rebelles. Car, selon le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, la situation devient "intenable".
Nicholas Kristof a aussi lancé un nouvel appel dimanche dans le New York Times : "Quand un génocide devient pire qu'un génocide"."A genocide by its nature would seem to be a rock bottom of human behavior. But in Darfur, we see a genocide that is growing worse". Depuis le début des hostilités, le célèbre chroniqueur spécialiste de la question aux Etats-Unis, demande un réel engagement de la communauté internationale pour stopper le carnage.
Fin juin, Jan Pronk a également rappelé à quel point il était urgent de déployer des casques bleus dans la région. Des casques bleus pour préserver l’accord de paix signé à Abuja qui est en train de "s’effondrer". Car, selon le représentant de Kofi Annan pour le Soudan, la population est de plus en plus hostile à cet accord entre le gouvernement et les rebelles. "The agreement does not resonate with the people of Darfur".
Les populations déplacées aussi réclament de l’aide. Jean-Marie Guéhenno l’a confirmé en revenant d’une mission sur le terrain. Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix espère pouvoir déployer trois brigades, composée chacune de trois à cinq bataillons, soit 17 000 hommes, à partir du mois de janvier.
Mais Khartoum continue de s’opposer au déploiement d’une telle opération considérée comme une invasion de l’Occident. Et le Conseil de sécurité ? Il a donné son feu vert au mois de mars mais on a toujours l'impression qu'il y va à reculons.