La paix au Darfour progresse un petit peu

Libération Avec Reuters

Libération Avec Reuters, 05 Mai 2006

Le principal mouvement rebelle est prêt à signer l'accord proposé par l'Union africaine et soutenu par les Etats-Unis et l'Union européenne.

• Une autre branche de la rébellion maintient ses exigences •

Le suspense continue à Abuja, au Nigeria, où d'intenses négociations sont menées depuis plus d'une semaine pour tenter d'arracher un accord de paix au Darfour (Soudan). Vendredi matin, le principal mouvement rebelle, le Mouvement/armée de libération du Soudan, qui a pris les armes, début 2003, dans cette province de l'ouest du Soudan contre le régime de Khartoum a indiqué qu'il était prêt à signer l'accord de paix proposé par l'Union africaine, et soutenu par les Etats-Unis et l'Union européenne. Tout comme le gouvernement soudanais. Mais une autre faction rebelle, le Mouvement pour l'égalité et la Justice , lui, refuse toujours de signer. Le MEJ exige un poste de vice-président, des réparations financières pour les victimes du conflit, ainsi que le versement de 6,5% du PNB soudanais à un fond de développement de la province.

Les Etats-Unis jouent un rôle de premier plan dans les pourparlers au Nigeria. Présent à Abuja, le numéro 2 du département d'Etat, Robert Zoellick, a amendé le document proposé par l'UA pour offrir aux rebelles des garanties supplémentaires sur leur intégration au sein de l'armée soudanaise et sur le désarmement des milices Jenjawids, accusées d'être responsables d'atrocités massives contre la population. En trois ans et demi, on estime que près de 300.000 personnes ont trouvé la mort au Darfour. Deux millions de personnes sont déplacées, et plus de 200.000 ont trouvé refuge au Tchad voisin.

La résolution du conflit au Darfour est considérée comme un test primordial pour l'Union africaine, qui s'est engagée à résoudre elle-même les problèmes sur le continent. Elle est d'autant plus urgente que le conflit a débordé sur le Tchad voisin, déstabilisant le régime du président Déby. Mais un éventuel accord de paix pourrait aussi inciter d'autres populations soudanaises, notamment dans l'est du pays, à se soulever contre le régime de Khartoum pour obtenir, à leur tour, des avantages économiques et politiques. En janvier 2005, les Etats-Unis étaient parvenus à arracher un accord de paix entre Khartoum et le Sud-Soudan, mettant fin à 22 ans de guerre.