Le conflit au Darfour atteint « un nouveau degré de violence »

Philippe Bolopion

Hcr, 25 Avril 2006

En dépit des pourparlers de paix, les meurtres de civils, les viols de femmes et de filles et le pillage de villages entiers ont continué au Darfour», dans l'ouest du Soudan, affirme le Haut-Commissariat de 1'ONU aux droits de l'homme, dans un rapport remis mardi 23 mai: Selon le document, rédigé avec l'aide de 76 enquêteurs déployés dans le pays, « le conflit a atteint un nouveau degré de violence », de janvier à avril...

Dans le sud du Darfour, les for ces gouvernementales, et les milices janjawids qui les soutiennent, ont continué à attaquer plus de vingt: villages, faisant des dizaines de morts et de blessés. L'ONU fait état d'informations «particu lièrement alarmantes »; selon les quelles un avion Antonov et des hélicoptères d'attaque peints, en blanc de l'armée soudanaise auraient participé aux attaques, fin avril - une « manière perfide» de se faire passer pour l'ONU, qui se démarque avec cette couleur.

Dans un autre rapport, remis lundi, le secrétaire général de a l'ONU, Kofi Annan, décrit « une nouvelle tendance » des rebelles de l'Armée de libération du Soudan (ALS) à s'en prendre aussi « à des à civils sur une grande échelle », dans le cadre de luttes intestines. Le 19 avril, 400 hommes de la faction Minni Minawi ont ainsi « tué des civils, blessé des quantités de personnes, violé des femmes et pillé » dans le nord du Darfour.

« De nouveaux groupes armés ont continué à être formés alors que les populations locales essayaient de se défendre », quitte à « souvent recruter des personnes de moins de 18 ans », poursuit M. Annan, qui cite «des allégations crédibles » selon lesquelles « des garçons âgés de 15 ans ou moins ont été tortu ré s » par l'armée soudanaise, qui les suspectait d'être des rebelles.

«Alors que le conflit est devenu de plus en plus erratique et fragmenté», les civils sont d'avantage exposés et viennent «grossir la population des camps » en proie à une insécurité grandissante: Le travail de l'ONU et des organisations humanitaires n'en est que plus difficile.

Malgré une demande du Conseil de sécurité, l'ONU n'a toujours pas obtenu du Soudan l'autorisation de dépêcher au Darfour une équipe de reconnaissance, chargée de préparer le déploiement d'au moins 10 000 casques bleus, en remplacement des 7 000 hommes de l'Union africaine: