L'ONU plaide pour le retour volontaire des déplacés du Darfour

Redaction

Afp, 08 Octobre 2010


CAMP DE KALMA (Soudan) - L'ONU va appuyer le retour volontaire de personnes déplacées par le conflit au Darfour, a déclaré mardi sa chef des opérations humanitaires, Valerie Amos, de passage à Kalma, le camp le plus politisé de cette région du Soudan en guerre civile.

"Nous soutiendrons les retours tant qu'ils seront faits sur une base de volontariat (...), que des services de base seront fournis (à ceux qui rentrent) et qu'il seront en sécurité", a déclaré à l'AFP Mme Amos.

Le conflit au Darfour dans l'ouest du Soudan a entraîné depuis 2003 le déplacement de 2,7 millions de personnes réparties dans des camps de fortune où elles vivent sous perfusion de l'aide humanitaire internationale.

Les humanitaires et les responsables de l'ONU estiment toutefois qu'une partie des déplacés souhaitent rentrer chez eux, car le conflit au Darfour a accéléré l'urbanisation de cette vaste région semi-désertique.

Des camps situés en périphérie des villes sont progressivement devenus des banlieues, les tentes provisoires au toit de plastique ayant cédé le pas à des masures permanentes en briques de terre.

La question du retour chez eux des déplacés demeure néanmoins un sujet délicat au Darfour. Des humanitaires sont rétifs à l'idée de soutenir le retour des déplacés, car ils estiment que le gouvernement soudanais cherche à en finir avec les camps, considérés comme des repaires de la rébellion, et force donc les gens à partir contre leur gré.

"Pour nous il est important que personne ne soit forcé de bouger. Je viens de parler avec des femmes (à Kalma) qui disent qu'il n'est toujours pas sûr de rentrer, elles se sentent plus en sécurité dans le camp, où elles ont accès à des services de base, et d'autres qui souhaitent rentrer", a dit Mme Amos.

La question des retours est particulièrement sensible à Kalma, considéré comme un bastion des supporters d'Abdelwahid Mohamed Nour, chef de l'Armée de libération du Soudan (SLA), un des deux grands groupes rebelles du Darfour hostile au processus de paix de Doha.

Des affrontements entre déplacés opposés ou en faveur du processus de paix de Doha avaient fait sept morts en juillet dans ce camp de 80.000 personnes situé en banlieue de Nyala.

Mme Amos devait discuter lundi avec les cheikhs de Kalma, mais la rencontre a été annulée, a constaté un journaliste de l'AFP. Les hommes d'un cheikh influent opposé au retour des déplacés ont menacé de représailles d'autres chefs locaux s'ils s'entretenaient avec la patronne des opérations humanitaires de l'ONU, selon des sources concordantes.

"Ma compréhension des choses, en tout respect pour les cheikhs de Kalma, est qu'ils n'ont pu s'entendre sur l'ordre du jour pour la rencontre, ils n'ont pu s'entendre sur qui devait assister à la rencontre. En conséquence, la rencontre a été annulée", a dit à l'AFP Mme Amos.