Un chef présumé des milices janjawid nommé conseiller au sein du gouv soudanais

Redaction

Presse Canadienne, 24 Janvier 2008

Le Soudan a confirmé lundi la nomination de Moussa Hilal -l'un des leaders présumés des milices Janjawid auxquelles sont imputées les pires atrocités commises contre les populations civiles du Darfour-au sein du gouvernement. Une nomination qu'a défendue le président Omar el-Béchir dans la journée au cours d'un déplacement en Turquie.

Moussa Hilal a été désigné la semaine dernière conseiller au ministère soudanais des Affaires fédérales, selon des médias nationaux. Ce ministère s'occupe des relations entre le gouvernement central et les provinces soudanaises.

Les responsables gouvernementaux avaient dans un premier temps démenti sa nomination, mais le ministre des Affaires fédérales l'a confirmée lundi. Elle est "déjà effective", a déclaré Abdelbasit Sabderat à l'Associated Press par téléphone. "M. Hilal traitera des affaires tribales au Soudan", a-t-il dit, insistant sur le fait que le Darfour ne serait pas le seul sujet d'attention du conseiller.

En Turquie, le président soudanais Omar el-Béchir a défendu la nomination de Moussa Hilal, affirmant que ce dernier, "personnalité influente au Darfour", avait "contribué à la paix et à la stabilité". "Nous pensons que les accusations (proférées) contre lui sont inexactes", "ceux qui ont commis des meurtres au Darfour" sont "ceux qui reçoivent le soutien de l'Europe", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue turc, Abdullah Gul.

Moussa Hilal est le chef d'un clan faisant partie de la puissante tribu Rezeigat de nomades arabes au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Il est accusé d'être l'un des leaders des milices janjawid opposées aux rebelles dans la région. Le gouvernement de Khartoum a démenti tout soutien aux miliciens janjawid.

Plus de 200.000 personnes ont été tuées au Darfour et 2,5 millions ont été contraintes de fuir vers des camps de réfugiés depuis 2003, lorsque les rebelles ont pris les armes contre le gouvernement, dominé par les arabes, l'accusant de faire preuve de discrimination.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a imposé des sanctions (finances, déplacements) à Hilal et d'autres en avril 2006 pour leur rôle présumé dans ce que le président américain George W. Bush a qualifié de "génocide". Hilal a démenti tout méfait, affirmant dans un entretien vidéo en 2004 qu'il avait toujours agi sous les ordres et le contrôle de Kharthoum.