La paix au Darfour est à portée de main, selon le groupe des Anciens

Redaction

Afp, 04 Décembre 2007

Une solution au conflit au Darfour est à portée de main, mais la communauté internationale doit se mobiliser afin de la garantir, ont estimé les Anciens, groupe de réflexion d'ex-dirigeants mondiaux, mardi dans un rapport.

Les Anciens, dont une délégation s'est rendue en octobre dans cette province soudanaise en guerre, ont à nouveau appelé au déploiement immédiat d'une force de maintien de la paix Onu-Union africaine, tout en exprimant un optimisme prudent.

"La paix et la justice sont à portée de main. Elles ne peuvent être atteintes si les parties impliquées dans la crise au Darfour ne participent pas à sa résolution avec le soutien complet de la communauté internationale", ont-il jugé dans leur rapport.

"Nous pensons que la paix est possible parce que plusieurs parties en conflit ont déjà fait des efforts auparavant jugés inconcevables", a ajouté le groupe, qui comprend l'ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter, le prix Nobel de la Paix sud-africain Desmond Tutu et l'ex envoyé spécial de l'Onu, Lakhdar Brahimi.

Les Anciens ont salué l'existence de l'accord de paix de mai 2006 entre les rebelles et le gouvernement soudanais, ainsi qu'une résolution de l'Onu sur le déploiement d'une force hybride UE-UA.

"La paix est possible, la paix peut être atteinte. Nous espérons pouvoir persuader ceux qui ont de l'influence d'en user pour aider à résoudre la crise", a déclaré Mgr Tutu à la presse lors de la présentation du rapport.

La mission du groupe de réflexion, dirigée alors par l'ancien archevêque anglican du Cap, se trouvait au Darfour lors d'une attaque contre la force de maintien de la paix de l'UA (AMIS), au cours de laquelle dix soldats ont été tués.

Selon les Anciens, cette attaque a démontré les limites de la force de l'UA et le besoin d'une force hybride pour restaurer la confiance parmi les habitants. "Ils pensent qu'ils seront protégés des attaques, capables de quitter les camps librement et de regagner leurs foyers", estiment-ils.

"La situation au Darfour est l'une des pires situations de violations des droits de l'Homme", a pour sa part déclaré Jimmy Carter. "C'est une honte pour la race humaine."

La violence au Darfour a fait au moins 200.000 morts et deux millions de déplacés en cinq ans, selon l'Onu, mais seulement 9.000 morts selon Khartoum.