Déclaration de M. Bernard Kouchner

Bernard Kouchner

Mae, 31 Juillet 2007

Adoption de la résolution 1769 créant la force hybride au Darfour (31 juillet 2007)

Le Conseil de sécurité des Nations unies vient d’adopter, à l’unanimité, la résolution créant l’UNAMID, opération hybride des Nations unies et de l’Union africaine destinée à sécuriser le Darfour. L’UNAMID comptera, une fois déployée, 26 000 hommes sur le terrain. Il s’agira alors de la plus importante opération de maintien de la paix actuellement conduite dans le monde.

Cette décision constitue un pas important dans l’action de la communauté internationale pour tenter de mettre fin aux souffrances de la population du Darfour et d’y rétablir durablement la stabilité. Elle est porteuse d’un très grand espoir pour le Darfour. Cet espoir, il nous appartient maintenant de le concrétiser.

La France n’a pas ménagé ses efforts dans le processus qui a conduit à cette décision du Conseil. La réunion ministérielle du groupe de contact élargi, le 25 juin à Paris, a permis de dégager un consensus international sur la nécessité d’accélérer le déploiement de cette nouvelle force de maintien de la paix. Avec le Royaume-Uni, nous avons préparé conjointement le texte de cette résolution, et travaillé en vue de son adoption rapide, comme s’y étaient engagés le Président de la République et M. Gordon Brown.

Nous avons bien évidemment recherché une étroite concertation avec l’ensemble des membres du Conseil de sécurité, ainsi qu’avec l’Union africaine : les discussions sur la résolution ont été au centre de mon entretien avec le Président Konaré, le 26 juillet à Addis Abeba. Nous avons aussi veillé à garder le contact avec les autorités soudanaises, sans remettre en cause l’essentiel : la nécessité d’un mandat robuste tourné vers la protection des civils.

Mais l’adoption de cette résolution ne doit pas nous inciter à relâcher nos efforts. Au contraire. Nous devons tout faire pour assurer un déploiement rapide de l’UNAMID dans des conditions qui lui permettront de « faire la différence » sur le terrain. Il s’agit d’une tâche lourde et difficile, qui demandera une mobilisation sans failles de la communauté internationale, en appui aux Nations unies et à l’Union Africaine. Cela exigera aussi une coopération sans réserve de toutes les parties à la crise, en particulier du gouvernement du Soudan.

Il convient par ailleurs que le dialogue politique entre toutes les parties au conflit, sous l’égide des Nations unies et de l’Union africaine, permette d’aboutir à une solution durable à la crise. J’espère de ce point de vue que la réunion d’Arusha, prévue pour la fin de cette semaine, sera une étape importante

Je tiens à rappeler l’urgence qui s’attache à un règlement des conséquences de la crise du Darfour dans la région, en particulier dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique. J’espère que le Conseil de sécurité et l’Union européenne sauront prendre les décisions nécessaires afin d’y déployer une présence de sécurité.

Je souhaite enfin que l’ensemble de ce dispositif créé les conditions d’un effort international de reconstruction et de développement et permette le retour, sur une base volontaire, des personnes réfugiées et déplacées.