L'aide alimentaire des États-Unis au Darfour depuis 2004 s'élève à 1 milliard de dollars

Charles W. Corey, Rédacteur Du « Washington File »

« Washington File », 12 Mai 2006

Washington - Depuis 2004, les États-Unis ont consacré plus de 1 milliard de dollars à l'aide alimentaire destinée aux victimes du conflit au Darfour et ils sont résolus à continuer de venir en aide à ceux qui sont dans le besoin dans cette partie du Soudan, a indiqué un haut responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), M. Michael Hess, à un groupe de parlementaires le 11 mai.

M. Hess, qui était venu au Congrès informer les parlementaires sur l'action de l'USAID au Darfour, était accompagné de deux autres hauts responsables de cette agence, M. Jonathan Dworken et Mme Dana Ott, ainsi que d'un des responsables des relations du Programme alimentaire mondial des Nations unies avec les États-Unis, M. Ken Crossley.

À l'heure actuelle, le Congrès examine une demande de crédits d'urgence supplémentaires (225 millions de dollars) destinés au Soudan, dont 170 millions sont prévus pour le Darfour. M. Hess a exhorté les parlementaires à voter ces crédits aussi vite que possible afin que l'on puisse acheminer l'aide sans interruption.

En 2005, la contribution des États-Unis aux activités du Programme alimentaire mondial (PAM) au Soudan a représenté 85 % du budget prévu à cet effet, et Washington continue d'encourager les autres pays donateurs à accroître leur contribution à l'aide aux victimes du conflit au Darfour.

Si les États-Unis donnent beaucoup au PAM, ils ont aussi remis 22 millions de dollars au Comité international de la Croix-Rouge au titre de son programme de distribution de vivres et 8 millions de dollars à 5 organisations non gouvernementales qui distribuent également des vivres au Darfour.

Récemment, le PAM a dû réduire de 50 % les rations alimentaires quotidiennes en raison de l'insuffisance des fonds nécessaires, a indiqué M. Hess en ajoutant cependant que les États-Unis continueraient de contribuer à des programmes de distribution de vivres supplémentaires afin de veiller à ce que les personnes les plus susceptibles de souffrir d'une sous-alimentation grave reçoivent le soutien dont elles ont besoin.

« Le PAM et nos partenaires, a-t-il dit, font tout leur possible pour poursuivre les programmes d'alimentation thérapeutiques et les programmes de distribution de vivres supplémentaires destinés à ceux qui sont le plus en danger. »

De son côté, M. Dworken a déclaré que le Soudan continuerait de se placer au premier rang de l'ordre de priorité du Bureau des vivres pour la paix. Ce bureau a pris trois grandes mesures pour parer à l'insuffisance actuelle de l'aide alimentaire du PAM :

- le transport à Port-Soudan de 2.850 tonnes de produits non céréaliers en provenance de stocks situés à Dubaï et en Louisiane pour les distribuer au Darfour,

- le transport à Port-Soudan de 4.750 tonnes de vivres qui devaient être stockés à Dubaï,

- l'achat de 40.000 tonnes de céréales d'une valeur estimée à 36 millions de dollars en vue de leur expédition directe rapide au Soudan (mesure d'urgence prise par le ministère de l'agriculture des États-Unis).

Ces trois mesures permettront d'envoyer 47.600 tonnes de vivres, d'une valeur de 48 millions de dollars, qui devraient être livrées de la fin mai à la fin juin.

Le Bureau des vivres pour la paix collabore aussi étroitement avec le département d'État en vue d'encourager d'autres bailleurs de fonds à participer à l'aide alimentaire.

« Le président a incité publiquement (le 8 mai, à la Maison-Blanche) d'autres donateurs à jouer un rôle. La secrétaire d'État, Mme Rice, a également parlé à ce sujet il y a deux jours. Nous nous entretenons sans cesse avec des donateurs, en particulier au sujet du Soudan, tant à Khartoum que dans des conférences de donateurs et dans des capitales », a indiqué M. Dworken.

Le gouvernement soudanais a aussi ses propres stocks de céréales, et les États-Unis ainsi que l'ONU l'encouragent à les distribuer au Darfour, de préférence par l'intermédiaire du Programme alimentaire mondial.

Pour sa part, Mme Dana Ott a expliqué aux parlementaires que l'USAID était en train d'établir un bureau au Soudan, où cette agence n'avait plus de bureau permanent depuis quinze ans environ. « La plupart des programmes d'urgence sont administrés de Washington et par du personnel temporaire sur place et à Khartoum », et les programmes de développement au Soudan sont administrés par le bureau de l'USAID à Nairobi.

« Nos programmes de reconstruction visent à faciliter la mise en œuvre de l'accord de paix général et d'en faire profiter la population du sud du Soudan », notamment en ce qui concerne l'emploi, l'accès aux soins médicaux et à l'enseignement, et la mise en place de l'infrastructure (routes, etc.).

Mme Ott a indiqué que le programme destiné au Soudan était le plus important du Bureau Afrique de l'USAID et que cela était dû à l'aide alimentaire d'urgence. « Sur les 850 millions de dollars que nous avons dépensés au Soudan l'an dernier, a-t-elle dit, 500 millions ont été consacrés à l'aide alimentaire, et une grande partie du reste a été affectée à l'aide humanitaire non alimentaire. »

Le nouveau bureau de l'USAID à Khartoum devrait ouvrir en juillet, a-t-elle précisé en ajoutant que l'USAID se félicitait de la prochaine construction d'un consulat américain à Juba.

Quant à M. Crossley, il a fait remarquer que les États-Unis étaient de loin le pays qui contribuait le plus au Programme alimentaire mondial. « Depuis 2005, nous avons reçu des États-Unis 690 millions de dollars alors que le montant total des contributions a été de 975 millions de dollars (...) Il est clair que le gouvernement des États-Unis est l'élément moteur des opérations de secours au Soudan à l'heure actuelle. »