Quelles solutions à la crise du Darfour ?

Par Raja Khélifi

Liberation, 30 Juin 2007

«Cette conférence est le début d’une diplomatie musclée»
Même imparfaite, la rencontre satisfait l’ONG Sauver le Darfour.

La conférence internationale sur le Darfour à Paris représente «une avancée diplomatique», selon l’association Sauver le Darfour (SLD, www.sauverledarfour.org).

«C’est la première fois que l’on réunit autour d’une même table les grandes puissances qui se mobilisent pour le Darfour. Cette conférence est le début d’une diplomatie musclée», explique Mahor Chiche, le président de cette association. A la fin de la rencontre hier, les membres de la communauté internationale ont réaffirmé leur soutien à la force hybride de l’ONU et de l’Union africaine. Pour SLD, «c’est un début», même si l’association fait part de sa déception que «l’absence du gouvernement d’el-Béchir n’a pas encouragé les participants à la réunion à faire pression sur la Chine», alliée primordiale de Khartoum.

Mahor Chiche précise ses attentes : «Trois types de décisions auraient pu ressortir à l’issue de la conférence : tout d’abord faire en sorte que les membres du Conseil de sécurité garantissent à la Chine son approvisionnement en pétrole soudanais après l’éviction de la junte de Khartoum [Pékin achète les deux tiers du brut local, ndlr]; trouver un accord sur de nouvelles sanctions contre le Soudan, tout en renforçant les moyens d’enquête de la Cour pénale internationale ; et prévoir le retour des déplacés dans leur village en assurant leur protection. Mais à l’heure actuelle, la priorité est de mettre en place un agenda de sortie de crise et de continuer l’impulsion diplomatique donnée par cette conférence, car en quatre ans de dialogue, les négociations étaient restées stériles.»

Evoquant les décisions à prendre vis-à-vis du Soudan, le président de Sauver le Darfour insiste : «Le Darfour n’est pas seulement un problème humanitaire, c’est aussi un problème politique. Le régime de Khartoum est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat [en 1989], c’est un régime illégitime qui n’a d’ailleurs jamais tenu sa parole lorsqu’il a pris des décisions. Mais la communauté internationale devra organiser d’autres conférences, avec les belligérants par exemple, afin de trouver des solutions pour le Darfour. La solution diplomatique est la plus efficace pour un conflit comme celui-ci. Rappelez-vous que, en 2004 à Haïti, c’est une conférence internationale qui avait permis de débarrasser les Haïtiens du pouvoir en place.»

Pour Sauver Le Darfour, «après quinze résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, leur application doit être primordiale, à commencer par la résolution 1703, qui interdit le survol du Darfour. Cela entraînerait l’arrêt des bombardements contre les civils» .