Les États-Unis souhaitent une force de l'ONU au Darfour avant 2007

Judy Aita, Correspondante Du « Washington File »

Washington File , 28 Juin 2006

Nations unies - Les États-Unis continueront à exercer des pressions pour que le contrôle de la mission de maintien de la paix que l'Union africaine a mise sur pied au Darfour soit transféré à l'ONU avant la fin de 2006, a dit le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton, le 27 juin.

Il a souligné ce point à l'occasion d'une conférence de presse organisée à la suite d'une présentation au Conseil de sécurité, à huis clos, d'un compte rendu de la situation au Soudan par le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, M. Jean-Marie Guéhenno, qui s'est récemment rendu dans la région.

L'ONU s'est donnée jusqu'en janvier 2007 pour assumer le contrôle des opérations de maintien de la paix au Darfour, mais, a indiqué M. Bolton, « le transfert peut - et doit - avoir lieu avant cette date ».

« Entre-temps, nous œuvrerons au renforcement de l'AMIS (la mission de l'Union africaine au Soudan), mais nous estimons que plus vite l'ONU assumera le contrôle de la mission au Darfour, mieux ce sera », a-t-il dit.

Pour sa part, M. Ghéhenno a fait remarquer qu'étant donné l'instabilité de la situation au Darfour, « il serait prudent d'avoir d'ici au mois de janvier 2007 une force importante sur le terrain qui devrait consister en trois brigades comprenant chacune entre 3 et 5 bataillons ».

En attendant, a-t-il indiqué, les Nations unies devraient immédiatement renforcer la force de l'Union africaine en lui fournissant une aide aux plans des communications et des transports, entre autres, et en renforçant ses capacités en matière de commandement et de contrôle en prévision du déploiement de la force de l'ONU.

Selon lui, une importante présence militaire pourrait aussi régler la situation au Tchad où les allégations d'incursions de la part des deux pays deviennent de plus en plus inquiétantes.

Bien que le président du Soudan, M. Omar Al-Bashir, ait laissé entendre qu'il n'accepterait pas de force de maintien de la paix de l'ONU sur le territoire soudanais, M. Ghéhenno a dit que les Nations unies pouvaient quand même augmenter le nombre des soldats de la force de l'Union africaine dont les effectifs s'élèvent à l'heure actuelle à 7.000.

Le secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, a précisé qu'il aurait des entretiens le 1er juillet avec M. Al-Bashir à l'occasion d'un sommet de l'Union africaine auquel participeront d'autres dirigeants africains. « J'espère que la pression collective portera ses fruits », a-t-il déclaré.

M. Annan a expliqué qu'il avait exhorté le Conseil de sécurité à exercer des pressions collectives et individuelles pour faire poids non seulement sur le gouvernement soudanais pour qu'il coopère et donne son accord au déploiement d'une force de l'ONU, mais aussi sur les rebelles qui n'ont pas encore signé l'accord de paix pour qu'ils le fassent, et pour que les deux camps appliquent de bonne foi toutes les mesures sur lesquelles ils se sont entendus dans le cadre de l'accord de paix d'Abuja.

Selon M. Bolton, le compte rendu donné par M. Ghéhenno « montre la difficulté de la mission, notamment si nous ne pouvons surmonter l'opposition du gouvernement de Khartoum ou obtenir la coopération des divers groupes rebelles, aussi bien de ceux qui ont signé l'accord de paix sur le Darfour que de ceux qui ne l'ont pas fait ».

Il a rappelé qu'il ne faisait aucun doute que l'Union africaine souhaitait remettre à l'ONU le contrôle de la mission au Soudan.