Premiers mandats d'arrêts de la CPI contre un ministre soudanais, un chef milicien

Sld Sauver Le Darfour,

Sld, Sauver Le Darfour Europe, 02 Mai 2007

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont décidé de lancer leurs premiers mandats d'arrêts contre des responsables présumés de crimes au Darfour, visant un secrétaire d'Etat soudanais et un chef de la milice janjawid.

Les juges ont ainsi suivi le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo, qui avait accusé les deux hommes en février de 51 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés, dont persécution, meurtre, torture et viol, commis entre août 2003 et mars 2004 contre des villageois de l'ouest du Darfour.

Ils ont retenu l'intégralité des 51 chefs d'accusation.

"Nous sommes allés au terme d'une enquête menée dans des circonstances très pénibles, opérant depuis l'extérieur du Darfour, sans jamais mettre en danger un seul de nos témoins. Nous avons fait de leurs histoires des éléments de preuve, dont les juges viennent maintenant de confirmer la force probante", a commenté M. Moreno-Ocampo dans un communiqué.

"Les juges ont délivré des mandats d'arrêt. En tant qu'État territorial, le Soudan est tenu, sur le plan juridique, d'arrêter Ahmad Harun et Ali Kushayb", a précisé le Procureur. "Il s'agit là d'une décision de la Cour pénale internationale et le Gouvernement se doit de la respecter."

En outre, la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations Unies fait obligation au gouvernement soudanais et aux parties impliquées de coopérer, ont rappelé les juges de la CPI.

Les juges avaient le choix entre réclamer les accusés au Soudan, qui n'est pas un Etat partie de la CPI, ou lancer des mandats d'arrêts internationaux contre eux.

Depuis que M. Moreno-Ocampo a lancé ses accusations, les autorités soudanaises ont à plusieurs reprises dit leur refus de laisser la CPI juger leurs ressortissants.