Les Candidats à la présidentielle et le Darfour

Redaction

Sld, Sauver Le Darfour Europe, 21 Mars 2007

L’association Sauver Le Darfour (SLD) a interpellé l’ensemble des candidats à la présidentielle et partis politiques français sur ce qu’ils comptent faire pour le Darfour afin d’inscrire ce drame dans les futures priorités du nouveau Président.
Plusieurs médias : Liberation, Toc, Entrevue, 20 ans et Blogs ont repris cette interpellation.

Si vous êtes élu(e)s que comptez-vous faire pour le Darfour ?

Si les solutions de fond tardent, il semble bien que désormais tous les candidats et partis politiques aient décidé de dénoncer la passivité de la communauté internationale face aux atrocités du Darfour.


- Monsieur François Bayrou :

Monsieur François Bayrou s’est rendu au Darfour en février 2005. A plusieurs reprises, il a parlé de ce drame et appelé à un engagement international pour imposer la fin du conflit..
« Les plus graves crimes contre l’humanité se répètent sous nos yeux au Darfour. Il faut un engagement international pour imposer la paix. Plus de 200 000 civils morts, 2 millions de personnes parquées dans des camps à l’intérieur du Darfour, 200 000 hommes, femmes et enfants réfugiés au Tchad ! Deux millions et demi de personnes dépendent de l’aide internationale pour l’alimentation et les soins médicaux !
C’est une obligation humanitaire, politique et morale pour les gouvernants français, européens, de faire cesser le martyre du Darfour. Le refus par le gouvernement soudanais d’accepter l’intervention de soldats de l’ONU, et la poursuite d’opérations militaires extrêmement dures, exigent que la France agisse.
Il faut faire véritablement respecter l’exclusion aérienne (des attaques aériennes précèdent souvent les raids djandjawids). Des appareils radars Awacs et quelques chasseurs y suffiront. L’Europe doit aussi accroître significativement son aide humanitaire et permettre aux ONG de travailler librement et en sécurité dans les zones de conflit. Elle doit obtenir du gouvernement soudanais qu’il cesse son offensive armée et accepte le déploiement d’une opération de maintien de la paix de l’ONU, afin de mettre un terme à la violence.
Et elle doit obtenir la réouverture en urgence de négociations afin d’aboutir à un accord politique. Cet accord devra prévoir la représentation des Darfouriens aux différents niveaux du gouvernement soudanais, une garantie réelle de désarmement, et une garantie de sécurité au retour, pour les déplacés et les réfugiés.
Nous avons le devoir de faire quelque chose pour mettre fin à cette horreur. »

- Madame Corinne Lepage, Présidente de Cap 21 :

Madame Corinne Lepage s’est insurgée a de nombreuses reprises sur la situation des femmes au Darfour, et l’utilisation du viol comme instrument de la guerre et du nettoyage ethnique. Elle a participé à plusieurs manifestations pour le Darfour dont le Meeting du 1er mars 2007 organisé par l’association Sauver Le Darfour (SLD).

- Madame Ségolène Royal

A Villepinte, lors de la présentation de son Pacte présidentiel, Madame Ségolène Royal s’est exprimée sur la faible mobilisation internationale pour le Darfour :

« La France pèsera de tout son poids pour que soit respecté le droit international. Le multilatéralisme, c’est la mobilité de l’action au service des principes que les Nations unies ont fixés. Veiller à la sécurité de tous, c’est aussi donner l’exemple. Et c’est pourquoi nous continuerons à déployer nos forces au service du droit s’il le faut en Afrique comme au Proche-Orient.
La justice pour les peuples exige que nous parlions fermement en toutes circonstances devant nos alliés, nos amis et en agissant dans toutes les instances où se bâtit aujourd’hui la justice internationale.

De quoi souffre la démocratie africaine ? D’un jeu trop brutal des alternances, du poids des oligarchies, de la corruption de certaines élites. Et je n’oublie pas cette honte, que fut à la toute fin du 20e siècle, le génocide des Tutsis au Rwanda, un crime contre l’humanité, une insulte à l’humanité de l’homme, un deuil pour le monde, ni enfin aujourd’hui la tragédie du Darfour que la communauté internationale a sans doute le moyen de stopper.
Pourquoi ne le fait-elle pas ? Pourquoi la France, la grande France, celle des internationalistes qui ont fondé notre parti, celle des Républicains qui croient que nous avons sur la scène du monde un rôle particulier, ne fait-elle pas pression pour que s’arrête le massacre ? ».

Lors du meeting de Sauver Le Darfour du 1er mars 2007, François Béret a lu le message de soutien de monsieur F.Hollande.
« Le Parti socialiste considère qu’il faut tout mettre en œuvre pour déployer sans tarder une opération de maintien de la paix de l'ONU, afin de mettre un terme à la violence et de favoriser la stabilité dans cette région perturbée.
Il faut exiger de toutes les parties impliquées un accès libre aux zones de conflit pour toutes les O.N.G. et d'assurer leur sécurité, conformément aux conventions internationales, en créant notamment des couloirs humanitaires.
Il faut insister sur la nécessité de signer un accord avec des groupes de rebelles représentatifs afin que cet accord ne soit pas rejeté massivement par les populations du Darfour. La mobilisation de tous est une cause internationale, si l’on veut éviter un véritable génocide.
Nous sommes désormais tous responsables ».

- Monsieur Nicolas Sarkozy :

Lors d’une déclaration en juillet 2007, Monsieur Nicolas Sarkozy a déclaré : « le dégoût et la nausée. Voilà ce qu'inspire cette barbarie du quotidien, ce déchaînement de violence, cet ‘’enfer sur Terre’’ comme disait Kofi Annan. La force mise en place par l'Union africaine et soutenue par l'Union européenne et l'OTAN a marqué une avancée significative dans le traitement par les Africains des problèmes leur continent. Cette appropriation est essentielle, et c'est le rôle des Européens et de la communauté internationale que de la favoriser. Mais ces moyens étaient insuffisants et la communauté internationale a aujourd'hui le devoir de les aider à les renforcer.

La résolution adoptée par le Conseil de Sécurité en mai dernier et qui prévoit le remplacement de la force de l'Union africaine par une mission des Nations Unies agissant sous le chapitre VII de la Charte va dans le bon sens.

Il est donc indispensable aujourd'hui de se montrer plus ferme avec le régime de Khartoum, car pendant qu'il tergiverse sur le déploiement d'une force internationale, les atrocités se poursuivent et tous le jours plus d'hommes et de femmes en sont les victimes.
Il faut également persuader nos partenaires du Conseil de sécurité de prendre des sanctions coutre le régime de Khartoum si celui-ci persiste dans son refus de coopérer avec la communauté internationale. Au-delà, la priorité immédiate doit rester de protéger les populations menacées. C'est tout le sens du soutien actuel de l'OTAN et surtout de l'Union européenne à la force de l'Union africaine, et sûrement faudrait-il le renforcer encore.

Dès lors, la question que nous devons nous poser est la suivante : si les Nations Unies doivent demeurer le passage obligé de toute intervention en matière de sécurité internationale, que faire lorsque le refus de quelques puissances empêchent l'organisation d'assumer son rôle et de défendre ses principes fondamentaux. La question s'était déjà posée concernant l'ex-Yougoslavie, et la nécessité d'agir l'avait alors emporté. Car les blocages de Nations Unies ne doivent pas nous obliger à accepter l'inacceptable, à nous transformer en témoins impuissants de l'horreur. Ils ne doivent pas non plus devenir l'excuse derrière laquelle nous abritons notre manque de courage. Cessons de nous mentir : aucune finesse juridique ne nous exonérera aux yeux de l'histoire d'avoir laissé commettre le premier crime contre l'humanité du XXIème siècle.

Un seul mot caractérise la situation au Darfour aujourd'hui : l'urgence. La communauté internationale n'a plus d'autre choix aujourd'hui que de prendre pleinement la mesure de cette urgence, car elle est le dernier espoir de survie pour des milliers d'hommes et de femmes ».

Lors de sa rencontre à Washington avec le sénateur Barack Obama, monsieur Nicolas Sarkozy a de nouveau parler du Darfour en déclarant : « il y a maintenant urgence à agir pour que le Darfour ne reste pas une page honteuse de notre Histoire parce que notre indifférence, notre aveuglement, notre manque de courage, ou peut-être un peu de tout cela à la fois, nous aurait fait détourner le regard du premier crime contre l'Humanité du XXIème siècle ».
Lors de son discours d’investiture du 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy a promis un changement de politique étrangère : « Je ne crois pas à la realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats. Je n'accepte pas ce qui se passe en Tchétchénie, au Darfour. Je n'accepte pas le sort que l'on fait aux dissidents dans de nombreux pays. Je n'accepte pas la répression contre les journalistes que l'on veut bâillonner. Le silence est complice. Je ne veux être le complice d'aucune dictature à travers le monde ».

Lors du meeting de Sauver Le Darfour du 1er mars 2007, le Sénateur-Maire Jean Pierre Fourcade a lu le message de soutien de Monsieur Nicolas Sarkozy. « Je veux rendre hommage au travail exceptionnel des organisations qui, comme Sauver le Darfour, se battent avec tant de détermination pour que la tragédie du Darfour ne soit pas oubliée, pour qu’elle ne reste pas une page honteuse de notre propre histoire parce que nous aurions laissé commettre sans réagir le premier crime contre l’humanité du XXIème siècle.
Sauver le Darfour et les autres ONG mobilisées sur le Darfour ont joué un rôle déterminant dans la prise de conscience, chez les décideurs comme dans l’opinion, de la nécessité qu’il y avait à agir parce que le silence nous rendait complices. Dans le combat courageux qui est le vôtre, je veux vous dire toute mon admiration et vous assurer de tout mon soutien.

Depuis 2003, la communauté internationale, et en premier lieu la France, n’est pas restée inactive devant la tragédie du Darfour. Mais force est de constater que les résultats obtenus n’ont pas été à la hauteur des moyens déployés. (…) Il ne suffit pas de témoigner aux victimes notre compassion et notre solidarité, il faut aussi faire savoir à leurs bourreaux qu’ils auront à répondre de leurs crimes.
(…) Je suis favorable à un durcissement du régime de sanctions contre les individus, responsables politiques ou militaires, qui se rendent coupables de violation du droit international, et en particulier du droit humanitaire international. On ne peut pas indéfiniment se contenter d’appels à la retenue qui ont démontré leurs limites : quand la vie de dizaines de milliers d’individus est en jeu, nous avons le devoir d’aller plus loin ».

- Les Verts :

Le 12 décembre 2006 Cécile Duflot (secrétaire nationale des Verts) a demandé au nom du mouvement écologiste d’intervenir au Darfour.

« Au Darfour depuis 3 ans, dans l’indifférence de la France, de l’Europe et de la société internationale, on assassine, on viole, on brûle des villages. Kofi Annan a récemment déclaré que le Darfour était le plus grave échec de l’ONU : le Darfour c’est près de 200 000 morts, 2 millions de déplacés souvent réfugiés dans des camps au Tchad, quelque 225 000 personnes qui errent sans abri dans la région.

Qu’attend t-on pour agir alors qu’une commission internationale de l’ONU estime que le gouvernement islamiste de Khartoum d’Omar El Béchir a pu commettre au Darfour des crimes contre l’humanité, peut-être même un génocide.

Seule une intervention internationale pourrait ramener la paix d’abord au Darfour puis dans les pays de la région pour lesquels le conflit du Darfour agit comme une matrice de conflits.
Les Verts sont scandalisés du silence fait autour de cette situation. Les Verts demandent que la France soutienne activement la proposition d’envoi par le Conseil de Sécurité d’une force internationale au Darfour et, comme la Charte de l’ONU lui en donne le droit, si nécessaire malgré l’opposition du gouvernement ».

L’association Sauver Le Darfour (SLD) se félicite de la plus grande place occupée par le Darfour dans les questions de politiques étrangères abordées par les candidats et partis politiques français mais demeure active pour exiger de l’ensemble des candidats des réponses concrétes à ce qu'ils comptent faire pour le Darfour.

L’association Sauver Le Darfour (SLD) demande aux autorités françaises et à l'ensemble des candidats et partis politiques de s'engager à réunir à l'initiative de la France une Conférence internationale sur le Darfour.

De nombreux parlementaires, d’élus locaux, d’associations et de citoyens soutiennent déjà l’Appel Sauver Le Darfour [www.sauverledarfour.org].

D’ici la présidentielle, Sauver Le Darfour organisera une cinquantaine d’initiatives en France pour le Darfour dont une grande manifestation populaire de soldiarité avec les populations du Darfour le vendredi 30 mars 2007 à Paris.

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