Washington menace le Soudan de mesures punitives au Darfour

Reuters

L'express, 15 Mars 2007

Les Etats-Unis et d'autres pays vont envisager un ensemble de mesures punitives contre le Soudan pour son refus d'autoriser le déploiement d'une force internationale dans la région du Darfour, a indiqué mardi le département d'Etat.

Tom Casey, porte-parole du ministère, a déclaré aux journalistes que Washington et d'autres capitales perdaient patience devant les "manoeuvres dilatoires" de Khartoum pour ce qui est d'accepter une force mixte de l'Union africaine et de l'Onu au Darfour.

Dans une lettre adressée ce mois-ci aux Nations unies, le président soudanais Omar Hassan Bachir a fait valoir divers arguments contre le projet de l'Onu de renforcer des observateurs militaires de l'UA dépourvus de moyens efficaces, dans le cadre d'un plan intérimaire.

"Dans la mesure où le Soudan continue de faire obstacle à la mise en place de cet accord, les Etats-Unis et d'autres membres de la communauté internationale devront réfléchir sérieusement à mettre en oeuvre des mesures supplémentaires pour faire face à la crise humanitaire au Darfour", a dit Casey.

"Il est évident que notre patience a des limites", a-t-il ajouté lorsqu'on lui a demandé combien de temps les Etats-Unis et les autres pays concernés attendraient encore avant d'agir.

Casey a refusé de préciser quelles mesures étaient envisagées, mais des responsables américains ont déclaré précédemment qu'il pourrait s'agir d'une série de mesures financières visant à faire pression sur le gouvernement de Khartoum pour qu'il accepte une force mixte.

De son côté, la Grande-Bretagne milite pour l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne au Darfour, tactique que Washington a aussi envisagée dans le cadre des efforts pour remédier à la crise humanitaire.

L'ambassadeur britannique aux Nations unies Emyr Jones Parry a déclaré qu'il était temps d'imposer des sanctions au Soudan parce que Bachir remet en cause selon lui "un accord soigneusement négocié".

"Le conseil doit répondre à ces provocations permanentes. Il est temps que le conseil envisage de nouvelles sanctions. Le président Bachir renie les accords qu'il a conclus avec l'UA et l'Onu."

Louise Arbour, haut commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, a déclaré à Reuters que la communauté internationale devait mettre les autorités soudanaises devant la nécessité de mettre fin aux "crimes massifs" commis au Darfour, ajoutant qu'il était essentiel pour cela de mobiliser l'opinion.

En quatre ans, le conflit du Darfour, région désertique de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.