La France doit réunir une conférence internationale sur le Darfour

Mahor Chiche, Mike Chetrit

Sld, Sauver Le Darfour Europe, 15 Février 2007

En marge du 24ème sommet France-Afrique de Cannes, une réunion sur le Darfour impliquant les présidents tchadien Idriss Déby, centrafricain François Bozizé et soudanais Omar Hassan al Bechir devrait se tenir.
Bien que la France devrait seulement y jouer "un rôle de facilitateur, et non de médiateur", la présence même du Président soudanais est contestée par le Tchad et diverses ONG.
Le Tchad souhaite qu'il n'y ait pas de rencontre parallèle car celle-ci « est inutile et inopportune ».

Depuis l'hiver 2003, le conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a fait plus de 300 000 morts 3 millions de déplacés et 500 000 personnes sont privées de l’aide alimentaire internationale.
Si l’ONU a déjà qualifié ces crimes de : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, aucune de ses six résolutions n’a été efficace.
Si plusieurs cessez-le Feu et accords ont déjà été conclus, ils n’ont jamais abouti à un arrêt des exactions à l’encontre des populations agricoles noires du Darfour.
Depuis quatre ans, les milices Janjawids, alliées du gouvernement soudanais de Khartoum, organisent en silence une EPURATION ETHNIQUE.

Si la délégation du Conseil des droits de l’Homme chargée d’enquêter au Darfour n’a pu obtenir de Khartoum les visas pour se rendre au Darfour, le président soudanais -qui refuse toujours d'appliquer les résolutions onusiennes et la présence d’une force internationale- circule quant à lui librement en Europe.

En conséquence, Sauver Le Darfour condamne vivement la présence d’Omar Hassan al Bechir, sur le territoire français, et demande sa traduction devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

Depuis près de 17 ans, le régime de Khartoum se maintient au pouvoir par la force. La dictature soudanaise a que trop longtemps ignoré les résolutions internationales et les principes du droit international humanitaire. Aujourd’hui, le temps des négociations stériles (avec un pouvoir illégitime - en 1989, le régime n’avait recueilli que 10% des voix- qui ne tient pas parole et gagne du temps) est dépassé.
La communauté internationale doit passer outre le refus du régime illégitime de Khartoum d'accueillir des Casques bleus et cesser de se servir de la sémantique (génocide ou pas) comme prétexte à la non-intervention.

La France qui a une position charnière au sein Conseil de sécurité de l’ONU doit s’impliquer dans le règlement de la crise du Darfour. Elle peut convaincre la Chine et la Russie de cesser de soutenir le régime soudanais actuel à condition d’être ferme sur le nécessaire déploiement d’une force des Nations Unies au Darfour.

Pour faire cesser les massacres, la France doit prendre l’initiative de réunir une conférence internationale sur le Darfour pour demander : l’arrêt des massacres, l’organisation au Soudan d’une conférence de réconciliation nationale et la tenue d’élections pluralistes et libres.

Le comité permanent de la conférence internationale veillera à l’organisation d’un front uni de la communauté internationale pour augmenter la pression diplomatique sur le régime de Khartoum afin de permettre le déploiement de cette force internationale.