Semaine cruciale à Bruxelles pour le Darfour

Sld Sauver Le Darfour, Sld

Sld, Sauver Le Darfour Europe, 24 Janvier 2007

Cette semaine risque bien de marquer un tournant pour l’avenir du Darfour. En effet, les ministres européens des Affaires étrangères ont analysé ce lundi comment financer la force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) et comment favoriser le déploiement de la mission hybride UA-ONU au Darfour.

Depuis juin 2004, la force de l’Union Africaine (Amis) s'est révélée incapable d’empêcher les combats entre tribus arabes nomades et tribus agricoles noires ainsi que les exactions des Janjawids, les milices arabes pro-gouvernementales.
Durant son mandat, Kofi Annan avait, en vain, tenter de mobiliser la Communauté internationale en qualifiant les atrocités du Darfour, « d’enfer sur terre ». Malheureusement, malgré le vote de six résolutions par l’ONU, cette épuration ethnique a causé plus de 300 000 morts et 3 millions de déplacés.

Aujourd’hui, nous sommes à la veille d’une semaine cruciale pour le Darfour. Son avenir se joue à Bruxelles.

A l’approche du 4ème anniversaire du début de la guerre commencée en février 2003, des parlementaires et des ONG ont décidé de se mobiliser pour que les résolutions de l’ONU soient appliquées et que les Casques bleus soient enfin déployés dans cette région pour protéger les populations civiles.



Près de 1000 personnes ce sont rassemblées ce dimanche sur le rond-point Schuman à Bruxelles, avant de manifester devant le siège de la Commission européenne.
Selon le Sénateur Alain Destexhe « le Darfour constitue aujourd'hui la pire tragédie de la planète. Nous ne voulons pas que se répètent les tragédies du Rwanda ou de Bosnie ».



Selon Mahor Chiche, Président du mouvement Sauver Le Darfour Europe (SLDE), cette première mobilisation européenne était fondamentale car « la sortie de crise passe par une plus grande implication des Etats européens et de l’Union Européenne ».

Ce lundi des experts ce sont également réunis à Bruxelles pour une conférence consacrée aux moyens de parvenir à un accord de paix global au Darfour. Et d’ici quelques jours, le nouveau Secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon devrait se rendre à son tour à Bruxelles. Quelque chose a changé, le règlement de la crise du Darfour devient une priorité dans l’agenda politique des 27.

Le temps est venu pour la Communauté internationale et l’Union Européenne de s’engager contre le génocide en faveur de "mesures coercitives", économiques ou militaires. Mais, la situation est bloquée, et l’ONU ne pourra intervenir, car la Russie et surtout la Chine, partenaires économiques privilégiés du Soudan, sont opposées à toute intervention militaire de l’ONU.



Selon Monica Frassoni, co-présidente du groupe Vert au Parlement européen, « le véritable problème réside dans l’attitude qu'il convient d’adopter avec ces gouvernements qui continue de soutenir le Soudan ».
Pour Monica Frassoni et Sauver Le Darfour Europe, pour surmonter le veto chinois, il n'y a qu'une possibilité : rallier la Chine à la mobilisation internationale, en la rassurant sur la continuité de ses exploitations pétrolières au Soudan. Il en va de la vie de la grande majorité du peuple soudanais, depuis trop longtemps opprimé.

En cas de persistance, de l’immobilisme onusien, il faudra envisager la mise à l'écart du pouvoir de Khartoum par la constitution d’une coalition internationale. En effet, seul un front uni et déterminé de la communauté internationale permettra d'arrêter les massacres et de restaurer la démocratie au Soudan. Il faut donc exiger des 27 Etats européens de faire plus, que de financer la force africaine, de s’engager dans le règlement politique de la crise. Les outils de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense le permettent ; et le principe de la responsabilité de protéger oblige à empêcher de nouveaux génocides.

Selon Sauver Le Darfour Europe, une série de mesures telles que : l’application de l’interdiction de survol du Darfour, l’adoption de mesures visant à appliquer une pression économique sur le gouvernement soudanais en ciblant particulièrement les revenus du secteur pétrolier et les avoir des dirigeants du régime, l’accélération des enquêtes actuelles de la Cour Pénale Internationale sur les crimes contre l'humanité déjà commis au Darfour, et la tenue d’élections libres sous supervision de l'ONU permettraient de rétablir la paix au Soudan en restaurant la Démocratie.