Mission pour le Darfour

Ramine Abadie

L'humanité, 15 Décembre 2006

ONU . Face à la catastrophe, le conseil des droits de l’homme décide d’agir.

Un petit pas pour le Darfour mais un grand pas... pour le nouveau Conseil des droits de l’homme (CDH) ! La paraphrase de l’astronaute Neil Armstrong illustre bien l’impression générale à l’issue des deux jours de session extraordinaire du CDH sur le Darfour. En effet, mercredi, c’est à l’unanimité que les délégations des 47 pays mem- bres du Conseil ont reconnu la gravité de la situation dans cette région de l’ouest du Soudan et qu’elles ont décidé l’envoi d’une « commission d’évaluation » de haut niveau pour déterminer l’ampleur de la catastrophe humanitaire en cours et faire des propositions au Conseil. Mais sans condamner le gouvernement soudanais.

La commission, composée de cinq membres choisis après consultations des pays mem- bres par le président du CDH, le Mexicain Luis Alfonso de Alba, devrait partir au début février et faire un rapport au Conseil. Selon les estimations des rapports successifs de l’ONU et des ONG sur le terrain, depuis le début de la crise en 2003 il y a eu plus de 2 millions de « déplacés » dans la - région et, malgré les accords de paix, environ 200 000 personnes (le chiffre est contesté) ont été victimes des attaques perpétrées par les milices pro-gouvernementales (les sinistres djandjawids) et les rebelles.

Jusqu’ici, les fractures - politiciennes avaient toujours empêché le CDH d’atteindre un consensus lors de ses travaux. Il semble avoir finalement cédé devant les pressions de l’opinion et l’insistance de Kofi Annan qui estimait que la « crédibilité du Conseil et plus largement de l’ONU en matière de défense des droits de l’homme » était engagée dans cette affaire.